“ La vieille morale est irrévocablement condamnée, la vieille morale des sanctions strictement individuelles, la vieille morale des destins séparés, du chacun pour soi. Tous pour un, un pour tous est la formule qui marque les passages de l’insolidarité à la solidarité. C’est l’instinctive affirmation d’une vérité scientifique et positive, l’instinct que la société est une association, c’est-à-dire un organisme, un corps, un système enfin où tout se tient. ”
Paul Otlet
Résumé
"Monde", œuvre de Paul Otlet, explore les enjeux de l'organisation sociale, de la civilisation et de l'unité humaine à travers une réflexion interdisciplinaire mêlant philosophie, sociologie et politique. Publié dans un contexte marqué par les tensions européennes et les avancées technologiques, l'ouvrage insiste sur la nécessité d'une solidarité collective pour surmonter les conflits et les déséquilibres.
Otlet met en avant l'importance d'une "structuration" qui unifie les individus et les nations, en s'appuyant sur des concepts comme la "société associée" et la "cité" comme moteur de progrès. Ses réflexions sur la guerre, la science et l'humanisme soulignent un désir de concilier l'individu et la collectivité, dans une vision optimiste de l'avenir de l'Humanité.
Citations de Monde (Paul Otlet)
“ Sans doute, les grands troubles, confusions et désastres de notre temps sont dus à l’énorme accroissement du pouvoir technique dû à la science dans les arts de la paix et de la guerre. Ce que la science a fait, elle doit le parfaire. Non pas en supprimant ses acquisitions et leurs applications, mais en complétant le bien de la nature par des sciences de l’homme et de la société, en doublant la connaissance de ce qui est par le plan de ce qui doit être. Par la machine l’homme supplée au manque et à la défense des organes de son corps. Par l’écrit il supplée à ceux de son esprit. ”
“ L’homme, sans conteste, peut attendre plus de bonheur d’une meilleure organisation sociale. L’association, la société, la cité ont transformé l’anthropoïde en homme. Elle a fait de l’animal indépendant et antagonique un citoyen inter-dépendant et associé. Par là elle a conféré à l’individu une puissance centuplée de comprendre et de sentir. L’homme plus complètement socialisé, dépouillé davantage de sa nature animale, pour y substituer une nature humaine, s’élevant de la sensation et de l’impulsion aveugle à la phase de la raison et de la liberté, que ne peut-il attendre encore de bonheur ? ”
