Marie-Louise Gagneur

Élements biographiques

Portrait de Marie-Louise Gagneur Marie-Louise Gagneur Les Forçats du mariage (1869)

Mais Robert, dans un élan de passion, la saisit, l’enlaça.
Juliette, surprise, ploya, poussa un cri sourd.
— Laissez-moi, dit-elle.
— Non, car tu m’aimes aussi.
— Je ne vous aime pas. Je ne veux pas vous aimer.
— Enfant ! tu ne veux pas. Est-ce que tu peux résister à cet amour ? Un aimant plus fort que notre volonté nous attire l’un vers l’autre.
— Non, non, répétait-elle frémissante.
— Soyez sincère, Juliette, vous voulez vous venger, n’est-ce pas ? me faire expier le passé, vous assurer de mon amour. Eh bien ! j’attendrai votre pardon.
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Portrait de Marie-Louise Gagneur Marie-Louise Gagneur Les Forçats du mariage (1869)

Si elle n’a pas d’enfants, quelle est son existence ? Quand descendant dans son triste cœur, si jeune encore, si plein de tendresse, elle ne rencontre que l’isolement, un isolement éternel, à quelles révoltes ne s’abandonne-t-elle pas ? Quel ressentiment n’éprouve-t-elle pas pour celui qui cause son malheur, et quels désirs monstrueux peuvent germer dans son esprit ?
Ah ! tout ce qu’il y a dans l’âme humaine de dignité et de sentiment de justice se soulève contre ce demi-divorce si cruel, si plein de souffrance et de haine, qu’il altère jusqu’à l’amour maternel lui-même.
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Portrait de Marie-Louise Gagneur Marie-Louise Gagneur La croisade noire : roman contemporain… (1872)

Luce, nous l'avons dit, était l'expression la plus brillante de la jeunesse ardente et forte.
Agnès, au contraire, était une pauvre enfant qu'une existence contre nature avait de bonne heure étiolée. Elle était assez grande, mais si frêle et si pâle, qu'on se demandait en la voyant comment elle pouvait vivre. Et cependant, dans ses traits délicats et suaves, il y avait un rayon de vie. De ses yeux, d'un bleu sombre, irradiait une tendresse vague, mais infinie, et sur ses lèvres décolorées errait un sourire si doux, si bon, si pur, que ce sourire et ce regard touchaient profondément le coeur.
Source : Gallica

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