Antoine Mollière, Études de politique rationnelle… (1871)
“ Et que dire si les suffrages se balancent, ou si la minorité est de la moitié moins un? Dira-t-on alors que c'est la majorité qui constitue le peuple, et que seule elle a le droit de faire la loi et de déléguer le Pouvoir? Mais qui ne voit que cette raison n'est qu'un artifice de langage, pour dissimuler la prééminence brutale du grand nombre sur le petit? Le nombre ne raisonne pas, il s'additionne, il s'impose et il écrase; le nombre, c'est la force; et la force peut forcer, tuer môme; elle peut aussi défendre, mais elle ne saurait jamais créer le droit. ”
