Antoine Mollière

Résumé

Antoine Mollière Études de politique rationnelle… (1871)

Et que dire si les suffrages se balancent, ou si la minorité est de la moitié moins un? Dira-t-on alors que c'est la majorité qui constitue le peuple, et que seule elle a le droit de faire la loi et de déléguer le Pouvoir? Mais qui ne voit que cette raison n'est qu'un artifice de langage, pour dissimuler la prééminence brutale du grand nombre sur le petit? Le nombre ne raisonne pas, il s'additionne, il s'impose et il écrase; le nombre, c'est la force; et la force peut forcer, tuer môme; elle peut aussi défendre, mais elle ne saurait jamais créer le droit.
Source : Gallica

Antoine Mollière Études de politique rationnelle… (1871)

Cependant la force seule, destituée d'un droit qui la dirige, ne fonde rien de durable, rien surtout de respectable : elle peut contraindre, briser, écraser, mais faire obéir dans le sens vraiment noble de ce mol, jamais. Cet étal violent n'est pas un ordre, mais une lutte sociale où le commandement est sans déférence comme la soumission sans dignité; c'est un simple problème de dynamique; ce n'est plus une société d'êtres intelligents et libres, une fière hiérarchie de volontés. La force, en d'autres termes, n'est rien ou n'est qu'un crime sans le droit.
Source : Gallica

Antoine Mollière Études de politique rationnelle… (1871)

Hélas ! rarement le conseil d'Alexandre mourant est suivi, et le pouvoir attribué au plus digne.
Est-ce en vertu d'une supériorité de constitution et de force physique qui s'impose d'elle-même? Mais alors c'est une question de muscles ou de nombre, et nullement une question de droit.
L'égalité de nature devrait rendre les hommes incontestablement indépendants les uns des autres; et cependant on les voit en tout et partout subordonnés les uns aux autres, dans l'ordre politique comme dans l'ordre domestique, et même dans l'ordre religieux.
Source : Gallica

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