“ Il y a des moments où elle ne tient plus au sol... Elle vole, vole dans l’air comme un ballon... Nous serons au port, dans quelques minutes... à moins que nous ne soyons, gisant sur la route, broyés et le ventre ouvert !... Un port. Spectacle merveilleux que celui d’un grand port et toujours nouveau ! Monde effarant où tout l’univers tient à l’aise entre les docks d’un bassin, où, dans un prodige de couleur, s’entre-choquent les réalités implacables de l’argent, du commerce, de la guerre, et les féeries les plus délicieuses ! ”
Grand Port
Définition et enjeux
Citations sur “Grand Port”
Elicio Colin, Le Port de Paris (1920)
“ Car Paris, sans qu'il y paraisse de prime abord peut-être, occupe le premier rang parmi tous les ports de France, avec un mouvement de 16 millions de tonnes qui laisse loin derrière lui celui de Marseille même. Port original, port dilué en quelque sorte de la Briche à Ivry, de Pantin à la Villette et à l'Arsenal, grand port de petits bateaux ; port curieux qui n'affiche guère ses efforts et qui semble dissimuler son activité par égard pour l'élégance du milieu. ”
Elicio Colin, Le Port de Paris (1920)
“ Et les berges de la Seine offraient alors le spectacle pittoresque de marchés actifs, plus ou moins spécialisés, port au bois, port aux foins, port aux vins, etc... C'est tout un monde de mariniers, de marchands, de gagne-petits, de débardeurs, parmi lesquels la police municipale doit maintenir l'ordre. Paris est déjà un grand port fluvial, mais qui semble encore fermé du côté de l'aval. ”
Émile Gauthronet, Tanger : son port, ses voies de pénétration… (1913)
“ Un grand port ayant pour principal objectif d'abriter et desservir les navires qui lui sont destinés, on est logiquement amené à étudier tout d'abord les dimensions des grands navires modernes, et à supputer celles qu'ils atteindront dans un prochain avenir. ”
Pierre Mailland, Bordeau, son château féodal, le Mont-du-Chat et le lac du Bourget… (1875)
“ Le Grand-Port ou Port-de-Puer est situé à l'extrémité ouest de la grande et belle route ombreuse, appelée à Aix route du lac. Selon toutes les probabilités, le Grand-Port n'a pas toujours existé à Puer. A l'époque lacustre et même beaucoup plus tard, il a dû être placé dans la baie de Mémart, dont je vous parlerai à notre retour. C'est naturellement aux baies de Mémart et de Grésine, que débar- quèrent les populations primitives émigrantes, qui remontèrent le Rhône pour venir peupler la vallée d'Aix et les alentours. ”
Gabriel Montagnon, Auguste Mahaut, le grand marinier de Loire… (1928)
“ Les malades, ce sont nos ports de mer. » C'est aussi leur sœur, la marine marchande. » C'est à leur mère, La France, à leur administrer le remède, et le remède, c'est mon Canal des Deux-Mers, de Marseille à Nantes ». Et, dans l'article intitulé « Les Combles », extrait du journal La Navigation par les Canaux; on lit : « Le port d'Anvers comblé de marchandises et de navires de toutes sortes. — Les ports de mer français comblés de tristesse ! ». Tous nos ports demandent à être mis en communication par l'intérieur : Marseille, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Brest, Le Havre, Toulon, Dunkerque. ”
Louis Lacretelle, Études sur la province d'Oran, par L. Lacretelle (1865)
“ Plus on examine , plus on réfléchit, plus on se convainc que nous n'avons pas, sur tout notre lilloral , un port naturel plus beau, plus grand, plus sûr, mieux situé et plus central qui puisse se prêter à de plus vastes et,à de plus belles créations qu'Arzew comme édification d'une grande ville, et pour en faire un port de première classe qui répondrait aux besoins du commerce le plus étendu. ”
Elicio Colin, Le Port de Paris (1920)
“ C'est un ensemble de multiples ports et la flotte qui le fréquente se compose d'une infinité de petits bateaux. Port très actif cependant et qui sait le démontrer aux moins avertis lors de la moindre crise de transports. Charbon sans lequel Paris ne saurait vivre, se mouvoir, fabriquer ; matériaux de construction qui donnent à la ville son grand air de capitale ; matières premières réclamées par l'industrie ; supplément de denrées alimentaires, que de produits nécessaires à la vie parisienne lui arrivent par voie d'eau ! ”
Charles Lenthéric,
Revue des Deux Mondes
“ Le port occupe l’embouchure de la petite rivière qui porte le joli nom de la Divette, gracieuse et ombragée dans la partie supérieure de son cours, mais qui a été aménagée dès son entrée dans le faubourg de la ville marchande, transformée en bassin de retenue, et est devenue, comme tous les ouvrages de ce genre dans les mers à marée, un véritable cloaque. Le port marchand est d’ailleurs aussi bien disposé que le port militaire. La rade, abritée par la digue, permet aux navires de tout tonnage d’attendre le moment favorable pour entrer dans l’avant-port. ”
Ports maritimes de la France : Tome quatrième… (1879)
“ Le 5 novembre 1836, M. Le Grand, directeur général des ponts et chaussées, adressa à M. le préfet du Finistère une dépêche l’invitant à demander aux ingénieurs un nouvel avant-projet pour la création d’un port de commerce sur le rivage de Porstrein. CROQUIS N” 12. ”
J.-J. Baude, Revue des Deux Mondes
“ Le point du cours d’une rivière à marées où la force décroissante du flot apporte encore de grands navires et commence à se prêter à la gaucherie de manœuvre des bateaux de rivière est la place naturelle d’un port de commerce : le nœud entre la navigation maritime et la navigation fluviale s’y forme de soi-même, et telle est la raison d’être originelle des ports de Hambourg sur l’Elbe, de Brème sur le Weser, de Rotterdam sur la Meuse, d’Anvers sur l’Escaut, de Nantes sur la Loire, de Bordeaux sur la Garonne, comme de Rouen sur la Seine. ”
“ Mais, à mesure qu'il avançait le long de la berge, il se révoltait de douleur. C'était à peine s'il reconnaissait le pays. On avait construit un pont pour relier Bonnières à Bennecourt: un pont, grand Dieu! à la place de ce vieux bac craquant sur sa chaîne, et dont la note noire, coupant le courant, était si intéressante! En outre, le barrage établi en aval, à Port-Villez, ayant remonté le niveau de la rivière, la plupart des îles se trouvaient submergées, les petits bras s'élargissaient. ”
Henri de Régnier,
Escales en Méditerranée
“ Le Vieux Port surtout me fascinait. De la pointe du Pharo aux tours du Fort Saint-Jean je ne me lassais pas de scruter l’étendue courbe qu’encercle la ceinture de pierre de ses quais, puis mes regards se portaient vers son étroite issue sur la haute mer que ne franchissaient plus guère que des voiliers démodés, des caboteurs ou des barques de pêche. Le Vieux Port appartenait à leurs coques lourdes, à leurs proues peinturlurées, à leurs mâtures rafistolées, à leur populace qui encombrait ses eaux puantes, pleines de débris, de détritus et d’épluchures. ”
Richard Walter, Voyage autour du monde fait dans les années 1740…
“ Je donne encore un Plan de ce Port ; on y verra que l’entrée n’a qu’un demi-mille de largeur ; les deux pointes qui la forment, et qui présentent deux Rochers, presque perpendiculaires, sont l’une à l’égard de l’autre, S. E. et N. O. Le Port est environné de hautes Montagnes, couvertes d’arbres, excepté vers l’Ouest. L’entrée en est très sûre, de quelque côté qu’on veuille passer du Rocher qui gît vis-à-vis de son embouchure ; pour nous, nous le laissames à l’Est, en entrant, et lorsque nous en sortimes. Le fond hors du Port est de gravier mêlé de pierres, mais en dedans il est de vaze molle. ”
Louis de Tesson, Voyage au Mont-Sinaï (4e édition… (1851)
“ Le port, situé au nord de la ville, est un havre brut, ou peu s'en faut, d'une profondeur insuffisante, ce qui oblige les navires d'attendre le flot et de décharger tout ou partie de leur cargaison avant d'y entrer. ”
Charles de Massas, Études sur le Havre, ou Examen des divers systèmes proposés pour l'extension de ce port… (1838)
“ Vous le voyez port de mer et port de rivière, lié par la mer avec le monde, par la Seine et par le chemin de fer avec Paris. Vous savez que la pleine mer repose deux heures entières sur sa plage ; que sur sa rade s'élèvent des bancs solides, lieux de périls, aujourd'hui de refuge et de défense quand les hommes l'auront voulu ; qu'à la place de remparts inutiles, des bassins d'une éternelle utilité peuvent être creusés, et que, tandis que l'on néglige ces fécondes ressources, le commerce étranger multiplie les siennes. ”
Auteur : Louis Paul-Dubois, Revue des Deux Mondes
“ Toute la vie du port est resserrée sous l’aile du vieux môle, au pied de la vieille ville, qui, de là, s’étend en éventail sur les collines et le long de la mer. Hors de là, tout est vide ou à peu près ; peu ou point de quais, moins encore d’outillage, le débarquement se fait par chiatte, par « chattes » (le mot est resté à Marseille) ou chalands ; une seule ligne ferrée dessert le port, longeant les arcades de la fameuse « Terrasse de marbre » par la voie la plus populeuse, — et la plus dangereuse, — de la ville : on la baptisée la linea della morte ! ”
Georges Musset, La Rochelle et ses ports (1890)
“ Un port, selon nous, est une vaste étendue d'eau circonscrite par un énorme quai de granit ; de ci, de là, des échelles de pierre ou de fer; sur les quais, soigneusement pavés et généralement sillonnés de rails, des bornes de bronze pour amarrer les vaisseaux, des grues à vapeur, des locomotives aux cris stridents, d'énormes coques de métal qui, en quelques heures, vident leurs flancs monstrueux, et sont aussitôt parties que venues. ”
Ports maritimes de la France : Tome septième… (1894)
“ Vainement on barra le fleuve en 1890, pour rejeter ses eaux plus à l’Est; la nature continuait son œuvre, et tout commerce avait depuis longtemps disparu quand le nouveau cordon littoral, se soudant vers l’année 1600, sépara de la mer le nouvel étang du Repausset et ferma complètement le port. Deux siècles durant, la misère et l’oubli régnèrent sur cette plage désolée. Enfin, en 172b, un arrêt du Conseil ordonna l’ouverture, sur le nouveau rivage, d’un nouveau grau, le grau du Roi actuel. ”
Victor Bérard, Les phéniciens et l'Odyssée. Tome 1 (1902)
“ Sans largeur (il n'a pas cent mètres de large) , sans longueur (il n'a pas deux cents mètres de long) , sans goulet qui le ferme (il est ouvert en plein aux vents d'Ouest) , sans plages étendues (trois petits bateaux tirés sur les pierres coupantes rempliraient son fond rocheux) , ce port n'est qu'un couloir de mer, un méchant fjord; il ne peut offrir aux flottes phéaciennes ni bassin à flot ni remises à sec. Et ce port est unique. Car la rive de la presqu'île sur la baie n'est échancrée que d'une anse minuscule où, difficilement, le plus petit de nos canots trouverait un refuge. ”
Charles de Massas, Études sur le Havre, ou Examen des divers systèmes proposés pour l'extension de ce port… (1838)
“ Projet d'ensemble, basé sur l'affranchissement de la ville, lui assurant l'espace et les moyens d'extension dont elle aura besoin, lui donnant un nouveau port et un dock qui, par son emplacement, présente un égal intérêt pour ce nouveau port et pour l'ancien ; prescrivant une série de travaux à exécuter graduellement comme l'ont été ceux arrêtés en 1787, mais dont le principe bien déterminé prévient pour l'avenir le retour des dissentimens, des discussions et des retards dont le commerce et le payssont, en fin de cause, les victimes. ”
Antoine-Jude-Louis Legrand-Mollerat, Relation de la surprise de Bergop-Zoom… (1816)
“ Le port est lui-même sous-divisé en deux parties égales par le bassin du port qui a deux quais bordés de maisons. Il est principalement habité par des marins qui soullroient avec impatience la position où le blocus les mettoit, et qui desiroient avec ardeur la reprise de la pêche qui leur procuroit la vie et l'aisance. Il y a trois portes à la ville proprement dite: celle de Steenberg au nord, celle d'Anvers au midi, et celle de Breda au levant. Le quartier du port n'a qu'une porte à l'extérieur; elle est à l'ouest; elle ne conduit qu'au fort d'eau par une digue. ”
Maurice Loir, Etudes d'histoire maritime : Révolution… (1901)
“ Ce port était assez vaste pour recevoir à la fois l'escadre et le convoi. Il avait la profondeur convenable et un fond excellent. Il offrait des facilités réelles pour le ravitaillement et pour le mouvement des canots entre les navires et la plage. On devait donc tout naturellement songer à le choisir comme point de mouillage, d'autant mieux que la presqu'île qui l'abritait du large se prêtait à recevoir des ouvrages défensifs. ”
Elicio Colin, Le Port de Paris (1920)
“ Puisque, en ce moment même, de sérieux efforts sont entrepris pour obtenir enfin la réalisation des aménagements et travaux nécessaires, il serait bon que l'opinion publique, une fois de plus avertie, soutint efficacement les bons citoyens qui voudraient que la voie unique, si belle, qui roule de la Bastille vers l'Arc de Triomphe les flots d'une magnifique histoire, devienne aussi vraiment l'artère vivifiante du premier port de France. ”
Guy de Maupassant,
Œuvres complètes de Guy de Maupassant - volume 24
(1908)
“ On pénètre dans l’avant-port, énorme bassin admirablement abrité où circulent, cherchant pratique, une flotte de remorqueurs, puis, après avoir contourné la jetée Est, c’est le port lui-même, plein d’un peuple de navires, de ces jolis navires du Midi et de l’Orient, aux nuances charmantes, tartanes, balancelles, mahonnes, peints, voilés et mâtés avec une fantaisie imprévue, porteurs de madones bleues et dorées, de saints debout sur la proue et d’animaux bizarres, qui sont aussi des protecteurs sacrés. ”
Guillaume Apollinaire,
Calligrammes: Poèmes de la paix et de la guerre…
“ Un vaisseau s'en vint dans le port Un grand navire pavoisé Mais nous n'y trouvâmes personne Qu'une femme belle et vermeille Elle y gisait assassinée Une autre fois je mendiais ”
Valentine Vattier d'Ambroyse, Le littoral de la France, vol. 1…
“ Aujourd'hui, le port a beaucoup de mouvement. Depuis une vingtaine d'années, on s'est occupé de l'améliorer et il le sera encore: il possède un bel avant-port et un second bassin a été construit récemment. La pêche côtière, le cabotage, la construction des barques et des petits navires, telles sont les principales sources de l'aisance des habitants. Les bains de mer [Pg 392] attirent aussi quelques voyageurs. ”
Auguste Laugel,
Revue des Deux Mondes
“ La grande place, plantée d’ormes, est entourée de boutiques où les fermiers de tout le pays voisin viennent faire leurs achats. Le port est encombré de sacs, de barriques, de caisses ; de toutes parts on amène des troupeaux qui montent sur les bateaux à vapeur du fleuve. ”
Georges Musset, La Rochelle et ses ports (1890)
“ L'objet essentiel à la conservation du port est d'avoir un lit de rivière qui ramasse les eaux intérieures, tant de l'Aunis que de la partie de la Saintonge qui l'avoisine, aboutisse au chenal Maubec, au havre, à l'avant-port, qui en deviendra l'embouchure ; que cette rivière, outre le précieux avantage d'étendre et de faciliter notre commerce extérieur, entraînant à la mer les vases des canaux où on la fera couler, nous serons, à perpétuité, à l'abri du danger des attérissements dont toutes les avenues de notre port sont menacées. ”
Le Havre et le département de la Seine-Inférieure… (1910)
“ Ce dernier avantage est devenu caduc ou presque depuis le développement de la navigation à vapeur et les grands travaux d'approfondissement des ports étrangers ; mais pendant de longues années il a donné au port du Havre une supériorité enviable sur la plupart des ports de l'Océan 1, et l'on peut affirmer qu'il a contribué pour une bonne part à son développement et à sa prospérité. Messieurs, d'autres 2 vous diront l'histoire du port et de la ville du Havre ; je dois me borner ici à marquer les étapes de leurs progrès. Chaque siècle a apporté sa pierre à l'édifice. ”
Émile-L. Cordier, Les grands hommes de la France… (1874)
“ Ce port a huit lieues d'ouverture dans cette direction et six d'enfoncement dans l'est. Les terres du nord et du sud sont fort élevées et toutes couvertes d'arbres, celles de l'est au contraire sont basses et sablonneuses. ”
Victor Bérard, Revue des Deux Mondes
“ Un « bon port » (c’est le nom que le poète donne toujours aux mouillages phéaciens) homérique est presque le contraire de nos bons ports : sous un promontoire qui porte la ville, une petite crique suffit, à condition qu’elle soit bien couverte de la haute mer et qu’à l’intérieur du goulet elle renfle sa panse et présente sur la courbure de ses plages le maximum de dentelles, de festons et de petites anses, avec des pentes de sables pour recevoir les vaisseaux halés. ”
Ports maritimes de la France : Tome troisième… (1878)
“ En même temps on devra exécuter des déblais dans le lit de la rivière, de chaque côté du chenal, pour rendre les quais accostables et créer des posées où les navires de fortes dimensions puissent rester échoués sans inconvénients. L’ensemble de ces travaux, nécessaires pour constituer convenablement l’avant-port, est évalué de 200,000 à 260,000 francs. L’idée de barrer la rivière pour former un bassin à flot est très ancienne. ”
