Victor Bérard

Résumé

Victor Bérard Revue des Deux Mondes

Puis on charge le char et l’on s’en retourne un peu moins vite que l’on n’était venu : les femmes et Ulysse reviennent à pied. On n’arrive en Phéacie qu’au coucher du soleil. Ulysse s’arrête encore dans le bois sacré d’Athèna ; aussi, quand il arrive au palais d’Alkinoos, les torches sont déjà allumées. Falaises accores et roches aiguës, plage de sable et fleuve au beau courant, source jaillissante et bois sacré d’Athèna, fontaine toute proche de l’agora et du beau Poseidion, haute ville et beaux ports : nous avons maintenant toutes les étapes de la route odysséenne.
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Victor Bérard Revue des Deux Mondes

Une grande vague jette Ulysse sur un promontoire rocheux. Il n’a que le temps au passage de se cramponner à l’un des écueils qui bordent la côte. Il évite ainsi d’être broyé contre la falaise. Mais, au retour, la vague le reprend et le ramène à la haute mer. Alors il nage parallèlement à la terre. Les yeux tournés vers le rivage, il cherche une plage unie et un port. La mer est sans fond : impossible de prendre pied.
Enfin il aperçoit les bouches d’un fleuve d’eau courante ; il s’en approche : l’endroit est excellent pour prendre terre.
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Victor Bérard Revue des Deux Mondes

Atlas n’est donc bien que le Pilier, et ce Pilier, c’est notre Mont-aux-Singes. Venus de l’Orient, les navigateurs de la Méditerranée primitive ne pouvaient enfiler le détroit que par le vent d’Est. Ils ne naviguaient d’ailleurs que pendant les mois d’été où ce vent domine et « amène des brumes sur les terres. » Ils n’apercevaient donc les deux sommets du Mont-aux-Singes que perdus dans la brume et couronnés d’un chapiteau de nues, sur lequel reposait le ciel. On comprend mieux alors la phrase d’Hérodote : la montagne est, dit-on, si haute que jamais on n’en peut voir les sommets.
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