Victor Bérard

Résumé

Victor Bérard Annales de Géographie

Mais, pour l’antiquité classique, la seule et véritable Atlantide fut celle que Platon avait décrite en ses deux dialogues du Timée et du Critias ; géographes et philosophes, avec Posidonios et Strabon (II, 4, 6) , admettaient le prétendu récit de Critias, touchant l’existence antérieure et l’effondrement de cette Atlantide.
Ce fut désormais de cette Atlantide platonicienne que rêvèrent les Hellènes, puis leurs disciples de Rome et de l’Occident : c’est elle qui, depuis vingt-trois siècles, hante les cerveaux de l’humanité blanche.
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Victor Bérard Annales de Géographie

Cette île fournissait « tous les métaux durs et malléables que l’on peut extraire des mines » ; elle portait tous les bois qui peuvent servir au travail du charpentier ; elle nourrissait toutes les bêtes domestiques ou sauvages, qui vivent dans les marais et les fleuves, les plaines et les montagnes, sans parler de l’éléphant ; elle produisait toutes les essences d’arbres, toutes les senteurs, toutes les résines et tous les fruits. De telles richesses permirent aux rois de l’Atlantide de bâtir une ville unique au monde, avec ses temples, ses palais royaux, ses ports, ses cales et bassins.
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Il y a tout juste neuf mille ans, — reprend Critias, — que la guerre éclata, dit-on, entre les deux humanités que séparent les Colonnes d’Héraklès... Athènes, de ce côté, en avait le commandement et en porta le poids ; de l’autre côté, c’étaient les rois de cette lie Atlantide, plus grande alors que la Libye et l’Asie tout ensemble, mais que les tremblements de terre ont ensuite submergée ; il n’en reste que le fond de boues que rencontrent les navigateurs en allant du détroit vers la haute mer.
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