“ De là ces nombreuses cotes ou sondes qui donnent aux cartes marines un aspect si différent des cartes terrestres. II Comment arriver à déterminer la position exacte sur la carte de chacune de ces sondes, de celles au moins qui correspondent à des dangers que les navires doivent à tout prix éviter ? Tel est le problème qui s’est tout d’abord posé à l’attention des hydrographes et qui a retardé longtemps le développement de la cartographie maritime. Le compas n’est pas assez précis pour un levé étendu où les points de repère sont très éloignés les uns des autres ”
Carte maritime
Définition et enjeux
Citations sur “carte maritime”
Sociétés françaises de géographie. Congrès, Congrès national des sociétés françaises de géographie… (1882)
“ Je crois qu'un atlas vaut mieux. M. Debize lit de nouveau le vœu de M. Saint-Pol de Lias. M. Levasseur. — Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de paquebots dépourvus de cartes. Ainsi, sur un paquebot de la Compagnie Transatlantique, à mon retour d'Amérique, il y a quelques années, j'ai vu un cadre de bois, renfermant une carte maritime, suspendu dans l'escalier des cabines. A midi on mettait le point du jour et les voyageurs se réunissaient autour de ce cadre. Chacun disait : aujourd'hui nous avons fait tant de route, etc. ”
“ L’usage des cartes marines diffère aussi radicalement de celui des cartes terrestres. Le voyageur qui, sur terre, se rend d’un point à un autre a surtout besoin de connaître les distances qu’il aura à parcourir, les routes les plus courtes ou les plus commodes entre lesquelles il devra choisir. Sachant toujours d’où il part, il lui est facile de suivre son chemin sur la carte, et si celle-ci est suffisamment exacte et complète, il reconnaîtra aisément, au fur et à mesure qu’il les rencontrera, les diverses particularités du pays qu’il parcourt. Tout autre est le but d’une carte marine. ”
Jurien de La Gravière, La Navigation hauturière
“ « Il a, dit-il, tracé de sa propre main, sur une carte semblable aux cartes marines, toute l’extrémité de l’Occident à partir de l’Irlande jusqu’à la fin de la Guinée vers le sud, avec les îles qui se trouvent sur la route. » Vis-à-vis, « droit à l’ouest, » il figure hardiment « le commencement des Indes. » De pareilles esquisses ont pu sans doute servir au navigateur à se donner, suivant le naïf aveu de Colomb, l’apparence « d’un homme qui sait où il va et qui s’attend à rencontrer ce qu’il cherche ; » elles ne constituaient pas ce que nous appelons aujourd’hui une carte marine. ”
“ Il suffit que la carte lui représente le pays dans ses grandes lignes telles qu’il les voit de la mer, de manière à lui faciliter la reconnaissance de la partie de côte sur laquelle il atterrit. Mais le relief du sol sous-marin lui importe essentiellement. ”
Samuel de Champlain,
Oeuvres de Champlain
“ IL n'y a rien si utile pour la navigation que la carte marine, d'autant qu'elle designe toutes les parties du monde, avec les costes, rades, ports, rivieres, caps, promontoirs, ances, plages, rochers, escueils, isles, bans, batures, entrées des havres, les amarques & balisses, & leurs profondeurs, ancrages selon les lieux & dangers qui s'y peuvent rencontrer, les hauteurs, distances, & rumb de vent par lesquels l'on navige. ”
Congrès international de navigation, Rapports des délégués français sur les travaux (1910)
“ Cartographie— Les critiques précédentes s’appliquent avec la même force à la cartographie, dont les signes conventionnels sont extrêmement variables d’un pays à un autre, ce qui peut être la cause des confusions les plus regrettables de la part des navigateurs. Cette discordance est mise en évidence par l’ouvrage intitulé « A Manual of conventional symbols and abbrevialions in use the « official charts of the principal maritime nations » Washington 1903. On ne peut y remédier que par une entente internationale qu’il y aurait le plus grand intérêt à provoquer. ”
Sociétés françaises de géographie. Congrès, Congrès national des sociétés françaises de géographie… (1895)
“ Il s'agit moins ici d'avoir une carte d'un format pratique, maniable, portative, peu dispendieuse relativement, que de confectionner un instrument s'adaptant à des besoins et à des travaux spéciaux, pouvant atteindre sans difficulté le format de nos cartes marines, et qui, naturellement, tiré en très petit nombre de couleurs, ne présente pas, comme les feuilles continentales, les mêmes aléas de repérage. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Carte plane, en Navigation, c’est une carte marine où les méridiens & les paralleles sont représentés par des lignes droites paralleles, & où par conséquent les degrés de longitude sont les mêmes dans tous les paralleles de latitude. ”
Congrès international de navigation, Notices et rapports de mission des délégués français (1890)
“ Tantôt, comme en Allemagne, la navigation a lieu sur des rivières à courant libre ; tantôt, comme en France, elle s’opère presque exclusivement sur des rivières canalisées ou des canaux. Ailleurs, comme en Hollande , la navigation maritime prend, même sur les fleuves, une importance prépondérante, ou bien la navigation internationale absorbe une part considérable des transports, qu’il est nécessaire de faire ressortir. Vouloir assujettir ces données variables à un formulaire unique, ce serait tenter une œuvre aussi chimérique qu’inutile. ”
Alfred Grandidier,
Ministère de l'Agriculture et du commerce…
(1882)
“ W Il ne s'agit plus dans ce cas de figurer la Terre telle qu'elle est : il faut avant tout que la position du navire puisse être marquée chaque jour sur la carte par sa longitude et par sa latitude et qu'on voie immédiatement quelle route on doit suivre ”
Gabriel Héraud, Ministère du Commerce, de l'industrie… (1901)
“ Outre ces travaux originaux, le Service hydrographique a dressé diverses cartes réclamées par les besoins de la navigation. Telles sont : une carie du bassin oriental de la Méditerranée au 1/1.000.000, en trois feuilles, et une carte de la Manche au 1/600.ooo° (Classe 119) ; un planisphère terrestre avec teintes hypsométriques, en cours de gravure, et une carte polaire des régions septentrionales du globe (Clase 119) . ”
Jules de Blosseville,
Revue des Deux Mondes
“ Personne avant lui n’avait exigé que la hauteur des lieux parût sur les cartes avec leur position précise ; c’est d’après son exemple que cette troisième donnée géographique est devenue de rigueur. Comme une carte marine perd tout son prix quand elle n’indique pas la profondeur des eaux, de même il fit sentir que la représentation d’un pays n’offre une grande utilité qu’en figurant tous ses reliefs avec exactitude, aux yeux du cultivateur, du militaire et de l’ingénieur. ”
J. Pouchet, Canal interocéanique maritime de Nicaragua… (1879)
“ EXPOSÉ SOMMAIRE La nécessité d'ouvrir promptement au Commerce du monde une Voie Maritime à travers le grand Isthme Américain, n’a plus besoin d’être démontrée. L’importance des échanges qui se font entre les Ports des deux grands Océans Atlantique et Pacifique, l’allongement de parcours et les difficultés presque insurmontables que la Navigation rencontre en doublant le Cap Horn, font à notre génération un devoir et une obligation de briser cette dernière barrière qui s’oppose encore à la libre circulation des Navires autour du Globe. ”
Ed. Du Hailly, Une Entreprise maritime internationale au xixe siècle…
“ Si, des cartes sur lesquelles le navigateur d’il y a cent ans traçait sa route, nous passons aux moyens dont il disposait pour fixer sa position sur cette route, nous retrouverons la même imperfection, la même incertitude. C’est assurément un des plus beaux titres de gloire de l’esprit humain que d’être parvenu à connaître le point où se trouve un vaisseau isolé au milieu de l’Océan, sans autres moyens que ceux que lui fournit l’astronomie pour déterminer la latitude et la longitude de ce vaisseau ”
Nouvelle technologie des arts et métiers des manufactures… (1872)
“ Aujourd'hui la représentation de la terre par les cartes est venue apporter une grande simplification à ce problème, la question s'est un peu modifiée, il s'agit non-seulement de savoir quel lieu du globe on occupe, mais encore de marquer ce point sur la carte, c'est-à-dire de faire son point. On comprendra facilement que, si le navigateur peut marquer à chaque instant sur la carte le point qu'il occupe et celui qu'il veut atteindre, il ne lui restera plus qu'à profiter de la force du vent ou de la vapeur pour se déplacer en se rapprochant du terme de son voyage. ”
Bibliothèque nationale, Images de la montagne : de l'artiste cartographe à l'ordinateur… (1984)
“ L'évolution historique de la cartographie ne saurait se ramener au seul inventaire de solutions techniques, car la carte a pour objet de fournir à son utilisateur la vision de la surface terrestre qu'il en attend. ”
Thomas Henry Huxley,
Physiographie, introduction à l'étude de la nature…
(1892)
“ C'est ainsi que l'on dit communément le plan d'une propriété, la carte géographique d'un pays, les cartes marines d'un océan. Une carte de la Seine est donc simplement un tracé représentant les contours du fleuve et de la portion de la surface terrestre qui l'avoisine, tels que pourrait les voir un observateur placé dans un ballon planant à une grande hauteur directement au-dessus de cette région. On dresse habituellement les cartes de telle sorte que le nord soit au haut et le sud au bas de la carte, l'est à droite de la personne qui la regarde et l'ouest à sa gauche. ”
Ch. de La Roncière, Un inventaire de bord en 1294 et les origines de la navigation hauturière
“ Les marins de la République ligurienne furent, durant le xiiie siècle, à la solde des rois des Deux-Siciles. II. La boussole. La carte marine ne va pas sans l’aiguille aimantée, nécessaire pour déterminer la position respective de deux points, dont on apprécie à l’estime la distance. Mais les deux notions de carte et d’aiguille aimantée ne sont pas corrélatives. Au xive siècle, les marins anglais n’achètent aux comptoirs de l’Écluse, en Flandre, que des aiguilles de mer, habituellement désignées du nom de l’aimant qui les magnétise, « sailstone [8] . » ”
Encyclopédie du dix-neuvième siècle… (1870-1872)
“ Le principe de toutes ces cartes est du reste le même; une carte routière n'est que la réunion à une petite échelle de toutes les cartes particulières des différentes terres qui s'y trouvent figurées. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Suivant Mercator, 1. placez le compas de variation sur la carte, comme dans le cas précédent, tirant ensuite par le point a sous le rhumb donné la ligne ab, prolongez la jusqu’à ce qu’elle rencontre le parallele de la latitude donnée. 2. Le point d’intersection de ces deux lignes sera le lieu où le vaisseau est arrivé ; 3. il sera alors bien facile d’avoir la longitude & la distance. Voyez Rhumb. ”
Henri Blerzy, Les Cartes géographiques des divers états…
“ Le navigateur, perdu à la surface de l’Océan, peut bien se contenter d’indications approximatives, parce qu’une erreur de quelques kilomètres en plus ou en moins est insignifiante à ses yeux tant qu’il est en pleine mer, et que dans le voisinage des terres il rectifie sa position d’après l’aspect de la côte; on comprend qu’il n’en est plus ainsi sur la terre ferme, et qu’une erreur de 100 mètres sur la distance de Paris à Orléans ne laisserait pas d’avoir de l’importance. ”
Etienne-Félix Berlioux, La terre habitable vers l'équateur par Polybe… (1884)
“ En poursuivant cette comparaison avec patience, on ne tarde pas à découvrir des coïncidences nombreuses entre les deux séries de documents. A la fin même, on peut reconstituer l'un après l'autre tous les itinéraires des anciens. On est sûr d'avoir réussi : la comparaison de la carte ancienne et de la carte moderne donne des résultats certains, lorsque les routes tracées sur l'une et sur l'autre ont la même direction, les mêmes points de départ et d'arrivée et lorsqu'elles présentent des stations portant des noms identiques. ”
Louis-Marie Bajot, Abrégé historique et chronologique des principaux voyages de découvertes par mer… (1829)
“ L'opinion des navigateurs modernes est que cette terre n'est autre chose que l'île de Pâque, mal placée sur les anciennes cartes. (2) Une carte de Buache la place par ji°de latitude et 278° de longitude, ce qui fait une différence considérable. Cook, et après lui la Pérouse, ont exactement déterminé la position de cette ile, qui git par 270 8' de latitude et 1 1 20 1 1 de longitude occidentale. Ceci est un exemple de l'imperfection des cartes anciennes, et des erreurs que commettaient, faute de bons instrumens, les anciens navigateurs. ”
Alfred Grandidier,
Ministère de l'Agriculture et du commerce…
(1882)
“ Ploix et E. Caspari, qui comprend une carte générale, cinq cartes particulières et quinze plans, et qu'accompagne un volume d'instructions nautiques, le Pilote de la Guadeloupe, par M. Ploix. M. Hanusse a revisé le plan de la rade de Port-de-France à la Martinique. L'Amirauté anglaise a publié les cartes de l'île Barbados et de la baie de Carlisle, des îles Grenadine, de la baie de Rockly (Tobago) , de l'île de la Trinité et du golfe Paria. On doit à M. Pailhès, officier de la marine française, un intéressant mémoire hydrographique sur l'Amérique centrale. ”
d’Alembert, Mallet, Le Blond, Diderot, L’Encyclopédie, 1re éd.
“ L’usage des cartes se déduit facilement de leur construction. Les degrés des méridiens & des paralleles marquent les longitudes & les latitudes des lieux ; & l’échelle des lieues qui y est jointe, la distance des uns aux autres. La situation des lieux les uns par rapport aux autres, comme aussi par rapport aux points cardinaux, paroît à la seule inspection de la carte, puisque le haut en est toûjours tourné vers le nord ; le bas vers le sud, la droite vers l’est, & la gauche vers l’ouest ; à moins que la boussole qu’on met assez souvent sur la carte, ne marque le contraire. ”
Claude Buy de Mornas, Lettre a un ami, sur l'Atlas méthodique & elémentaire de géographie & d'histoire… (1761-1762)
“ Si la Carte plane est générale, les distances de l'Est à l'Ouest ne peuvent être que justes à l'Equateur ; elles ne font fausses qu'à mesure qu'elles s'en éloignent vers le Nord ou vers le Sud. Si la Carte est particulière, les distances d'Est & d'Ouest feront justes sur le parallèle de projection. ”
Jacques Arago,
Voyage autour du monde : souvenirs d'un aveugle…
(1880)
“ En marquant sur une mappemonde, d'après leurs latitudes et leurs longitudes, tous les points dans lesquels des navigateurs ont été assaillis par des orages accompagnés de tonnerre, il paraît. évident, à la simple inspeetion de la carte, que le nombre de ces points diminue avec l'éloignement des continents. J'ai même déjà quelque raison de croire qu'au delà d'une certaine distance de toute terre, il ne tonne jamais. ”
M. Luscombe, Langue télégraphique universelle…
“ Les navires appartenant aux autres ports de France peuvent signaler leur port en se référant à la Partie III. Note i. On observera que les numéros des navires français, ainsi que les numéros des navires étrangers, commencent par i, et suivent par ordre numérique. Comme tout navire devra hisser le pavillon de sa nation avant de faire les signaux, aucune confusion à cet égard ne peut avoir lieu. Cependant le cas peut arriver souvent, où le capitaine français ou étranger désirerait faire mention d'un navire autre que de sa nation ”
A. G., En allant de Marseille à Bourbon sur le "Polynésien" (1893)
“ Sur une carte, où se trouve tracée la direction ordinairement rectiligne que suit le navire, il applique une petite règle en bois ou en carton, à laquelle il a donné la longueur correspondant d'après l'échelle de cette même carte, à 144 lieues, chemin que parcourt en moyenne le paquebot dans 24 heures, de midi au lendemain midi. Dans toute l'après-midi, il fait coïncider le zéro de sa règle partagée en douze parties égales avec le point où se trouvait le bateau à midi, et la main- tient dans la même position jusqu'au lendemain à la même heure. ”
François Antoine Édouard Keller, Exposé du régime des courants observés depuis le XVIe siècle jusqu'à nos jours dans la Manche et la… (1855)
“ Quand la méthode des établissements prévalut, on inscrivit sur les cartes, en chiffres romains, les heures des établissements nouvellement observés, ou résultant de la traduction des situations lunaires des étales de flot qui continuaient à figurer dans les textes des routiers. Telle est la carte de la Manche de l'English Pilot, sur laquelle figurent 52 établissements d'étales de flot, déterminés par E. Halley. ”
Pierre-Louis Dupuis de Torcy, Essai sur le système général de navigation intérieure de la France… (1829)
“ Les cartes dont il s'agit doivent cependant guider dans la conception générale d'un projet de navigation et dans la détermination approchée des points les plus importants de son tracé. En effet, ce n'est pas sur le terrain que ces premières idées peuvent être aperçues : la vue est trop faible et s'y trouve trop resserrée pour embrasser à la fois le relief d'une grande étendue de pays, et l'on risque de négliger les formes principales pour ne s'attacher qu'aux accidents secondaires de la contrée qu'on a devant les yeux. ”
Camille Gaultier, La prestidigitation sans appareils… (1914)
“ Il ne reste plus qu'à écarter le pouce et à redresser les doigts pour amener la disparition de la carte derrière la main. Ce procédé a l'inconvénient de nécessiter une façon anormale de présenter la carte avant l'exécution de la passe, aussi, n'a-t-il plus sa raison d'être, en ce qui concerne la disparition d'une unique carte d'une seule main; il est toujours d'un emploi utile pour faire disparaître, à la fois, un assez grand nombre de cartes réunies en un seul paquet. Il permet, comme nous le verrons bientôt, une excellente disparition à l'aide des deux mains. ”
