Jurien de La Gravière

Résumé

Jurien de La Gravière La Navigation hauturière

La violence de la brise ne permet pas au navire de rester en place ; elle lui laisse encore moins la faculté de rétrograder. L’obscurité est telle que le regard se fatiguerait vainement à en vouloir percer les ténèbres. Pour se diriger, il ne reste plus que la boussole. C’est sur ce disque tremblant, ce n’est pas sur l’horizon qu’il faut tenir ses yeux attachés. Fatalement condamné à prendre le droit chemin ou à périr, le capitaine joue sa vie et celle de son équipage sur une hypothèse.
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Jurien de La Gravière La Navigation hauturière

La navigation à vapeur va tout droit. Rien ne l’arrête, rien ne la suspend, rien ne la ralentit. Elle possède la force ; elle s’en sert. À quel prix ? Maint naufrage est là pour le dire. De toutes les navigations, la plus périlleuse est à coup sûr cette navigation puissante qui ne connaît plus de frein, qui traverse les lames qu’elle ne peut franchir, court bride abattue au milieu des brumes et se donne à peine le temps de voir les rochers qu’elle dépasse. Les procédés qui suffisaient aux pilotes de Dieppe ne conduiraient pas au port ce cheval échappé.
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Jurien de La Gravière La Navigation hauturière

Pour arriver jusqu’à la terre lointaine vers laquelle chaque année, à la même époque, il s’élance, le Polynésien n’a besoin que de se rappeler sous quel angle la brise venait, l’année précédente, frapper sa voile. Il n’en saurait être ainsi dans nos parages. Les vents y sont trop irréguliers, trop sujets à des variations que rien d’apparent n’accuse pour qu’il soit possible de conjecturer où leur souffle capricieux conduira le navire qu’il entraîne.
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