Louis Piérard

Résumé

Louis Piérard Manet l'incompris (1945)

Ce Parisien raffiné, aux propos parfois sarcastiques, n'avait rien d'un sceptique. Il avait une façon bien à lui d'exprimer ses enthousiasmes devant la nature ou devant une œuvre d'art, un Jongkind, un Constantin Guys, un Whistler, un Monet, un Pissaro, un Degas, un Gauguin. Il avait un claquement de la langue caractéristique, comme s'il dégustait un mets ou une boisson de choix.
Tous ceux qui l'ont connu, vantent sa politesse exquise. Degas qui, lui, était d'un tout autre tempérament, a dit un jour : « Comment voulez-vous qu'on puisse être mal avec Manet ? »
Source : Gallica

Louis Piérard Manet l'incompris (1945)

La justesse de l'œil et la simplicité de la main ont fait ce miracle ; le peintre a procédé, comme la nature procède elle-même, par masses claires, par larges pans de lumière, et son œuvre a l'aspect un peu rude et austère de la nature. Il y a d'ailleurs des parti-pris ; l'art ne vit que de fanatisme. Et ces parti-pris sont justement cette sécheresse élégante, cette violence de transition que j'ai signalées. C'est l'accent personnel, la saveur particulière de l'œuvre. Rien n'est d'une finesse plus exquise que les tons pâles des linges de blancs différents, sur lesquels Olympia est couchée.
Source : Gallica

Louis Piérard Manet l'incompris (1945)

« Vous ne pouvez donc pas prendre une pose naturelle », leur disait-il. « Tenez-vous comme si vous achetiez une botte de radis chez votre marchande de légumes. » Un jour, un de ces modèles, du nom de Dubosc, lui répondit : « Monsieur Manet, je n'ai jamais eu que des éloges de M. Paul Delaroche. Il est dur d'être méconnu d'un jeune homme tel que vous. » « Je ne vous ai pas demandé l'opinion de M. Delaroche » répliqua Manet en souriant, « je vous ai dit la mienne. » Dubosc continua, la voix tremblante de colère : « Monsieur Manet, plus d'un artiste me doit d'être allé à Rome. »
Source : Gallica

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