Robert Franz

Résumé

Robert Franz Lettres d'un excentrique (1876)

Je regardai Alexis. Il était debout, lui aussi, et, dans la limpidité de cette nuit d'été, je voyais distinctement perler à ses tempes des gouttes de sueur.
Il me fixait d'un œil douloureusement suppliant et terrifié. Puis, s'approchant de sa femme, il dit : — Franz a connu ta mère, il y a huit ans, aux Eaux-douces d'Asie ; et se tournant vers moi, — nous avons perdu Mme Peyron, peu de temps après votre départ, ajouta-t-il, et il respira longuement
comme un homme qui échapperait à quelque imminent et mortel péril.
Source : Gallica

Robert Franz Lettres d'un excentrique (1876)

Sur notre rouie Remenyi s'arrêtait dans tous les villages, toutes les villes, tous les châteaux.
Partout où il était connu, on le fêtait, choyait; partout où il était inconnu, il n'avait qu'à se nommer, et portes et cœurs s'ouvraient largement.
On m'a raconté qu'un jour il avait commandé une paire de bottes dans une petite ville où il venait de jouer. On les lui apporta avec la note acquittée par la municipalité.
C'est que l'art est une gloire nationale ici, — l'art bohémien surtout, qui plonge au cœur de la
Hongrie et dont les racines s'enlacent aux fibres du sol même.
Source : Gallica

Robert Franz Lettres d'un excentrique (1876)

La gondole rouge rasait la mienne maintenant, et le sang figé dans les veines, car à l'arrière je venais de reconnaître Alexis, je me penchai sur ces deux corps.
Sur un lit de fleurs, côte à côte, Hélène et Sophie Peyron, la mère et la fille, dormaient le lourd et mystérieux sommeil de la mort.
Leur beauté souveraine modelée en pâleur par la brume sacrée de la nuit éternelle, s'épanouissait avec une fierté énergique. Les lèvres avaient gardé un ineffable sourire. Toutes deux avaient
les yeux ouverts, avec des regards aveugles, pensifs.
Source : Gallica

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