Édouard Pailleron,
Les parasites
(1861)
“ Sur toute jeune foi porter sa dent de chèvre, De l'ardeur d'autrefois n'avoir plus que la fièvre ; Ruminer ses regrets, contempler des cercueils, Et ses convictions qui pendent aux écueils; De son esprit inerte et de son œil sans flamme, Suivre en leur agonie et son corps et son âme; Enfin, las, sombre, ayant, en son cœur vide et nu, Pitié de la science et peur de l'inconnu, Et, s'efforçant de croire à ce que l'on redoute, Forcer son égoïsme à combattre son doute; Se plaindre quand on reste et gémir quand on sort. Si c'est la vie, ô Dieu! pourquoi craint-on la mort? ”
