Abbé Perrot

Résumé

Abbé Perrot La Grève de Pordic

Le Port perd ses vaisseaux, la mer son flot tranquille,
La feuille sa verdure, et l’hirondelle agile
Fuyant le triste hiver, va dans d’autres climats
Qui de l’âpre saison ignorant les frimats
Lui en sauvent l’étreinte : et Brest a son rivage,
Et Lorge en sa forêt, et le Mené sauvage
Sur sa lande perché, subissent tous ses lois,
Lui-même l’homme armé qui veille auprès des Rois
Empêche-t-il jamais que de ses rudes traces,
L’hiver, géant sans peur, ne visite nos places ?
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Abbé Perrot La Grève de Pordic

Car tel était pour nous, sur mer un jour entier.
Je pensais, de danger ne prévoyant pas l’ombre,
Qu’avant que le soleil se soit plongé dans l’ombre,
Je pourrais dire : Enfin je ne suis plus enfant ;
J’ai bien osé franchir un bras de l’Océan.
Mais, ô déception !... sur un bateau bien frêle
Nous venions de monter, quand l’aurore si belle
Tout-à-coup s’assombrit. Le vent mugit, le flot
Tout d’abord si tranquille, en longs sillons bientôt
Se soulève et déferle avec un bruit sauvage,
Où perd tous ses efforts l’impuissant équipage.
La voile qui sur mer est l’aile de l’oiseau
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Abbé Perrot La Grève de Pordic

Plus longtemps sur ta rive épaississent leur ombre,
Sache à la Providence en silence répondre ;
Et puisqu’autour de nous tout change avec le temps,
Résigne-toi sans plainte et laisse les autans
Disperser les débris de ta gloire flétrie.
Assez beau fut celui, qui du Ciel, sa Patrie
N’a point perdu la trace, et, matelot heureux,
Pour toujours jette l’ancre au rivage des Cieux.
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