Jean Aicard

Jean Aicard

Résumé

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Pierre Puget

Ô vieux maître, ô Puget, depuis qu’on vit à Rome
Un peuple de martyrs, au nom du Fils de l’Homme,
Dans les cirques joyeux dévoré tout vivant ;
Que Jésus a trahi le monde en le sauvant ;
Depuis que Pan est mort et que Vénus la blonde
N’est plus mêlée aux flots pour caresser le monde,
Ô vieux maître, le monde est triste comme toi !
Le désir désespère, hélas ! et c’est pourquoi
Tu resteras fameux, car, ô puissant artiste,
Ton œuvre souffre, et l’homme est désormais si triste
Qu’il veut voir, prenant part au désespoir humain,
Les pierres se dressant crier sur son chemin !
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Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Pierre Puget

Du marbre, en ses tableaux se lit à chaque trait.
Il regrette les blocs énormes que l’on taille,
Et ce rêve obsesseur suit la main qui travaille.
Bientôt donc dans le bois de chêne, avec amour
Il fouille l’ornement et les panneaux à jour ;
Tout à coup, il s’échauffe ; il sent cette matière
Obéir à ses doigts faits pour dompter la pierre ;
Il imagine, il veut ; et les bois assouplis
Deviennent la fleur frêle ou l’étoffe aux longs plis...
Et le voici sculptant, à son tour, ces galères
Qu’il fait lourdes d’un monde, et qui restent légères
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Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Pierre Puget

S’ouvre, et la mort l’emplit d’horreur et de silence !
Un autre, piétinant ce cadavre étendu,
Se courbe, non encor tombé, déjà perdu ;
D’autres aussi sont là ; fatigués de combattre,
Certains que ce cheval pesant les doit abattre,
Ils sont là presque droits, superbes et meurtris,
Lançant les derniers traits, poussant les derniers cris,
Sous le fardeau vivant vainement intrépides...
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