Maria Konopnicka,
Prométhée et Sisyphe : pages choisies
(1911)
“ PROMÉTHÉE Je te possède donc, feu divin ! Je te possède, étincelle de vie et d'immortalité ! Je te possède, foudre de Zeus, toi, l'une des sept qui lèchent ses pieds. Je te possède, source de toute existence, de tout mouvement, de tout travail, de toute force. Je te porte sur ma poitrine, moi le Nourricier du monde, sur ma poitrine nue, incendiée par la force divine, je te porte et je ne sens pas de douleur. Je te porte dans mes serres, moi aigle de la terre, je te porte dans mes serres qui s'enflamment et je ne sens pas de douleur. ”
