Résumé

Portrait de Maria Konopnicka Maria Konopnicka,  Prométhée et Sisyphe : pages choisies (1911)

“ PROMÉTHÉE
Je te possède donc, feu divin ! Je te possède, étincelle de vie et d'immortalité ! Je te possède, foudre de Zeus, toi, l'une des sept qui lèchent ses pieds. Je te possède, source de toute existence, de tout mouvement, de tout travail, de toute force.
Je te porte sur ma poitrine, moi le Nourricier du monde, sur ma poitrine nue, incendiée par la force divine, je te porte et je ne sens pas de douleur.
Je te porte dans mes serres, moi aigle de la
terre, je te porte dans mes serres qui s'enflamment et je ne sens pas de douleur.
”
Source : Gallica

Portrait de Maria Konopnicka Maria Konopnicka,  Prométhée et Sisyphe : pages choisies (1911)

“ Je suis désarmé, n'ayant faim ni de jugement, ni de vengeance, ni de justice. Je suis entre le ciel et la terre comme le souffle du vent et moins encore. Car le souffle du vent berce le steppe quand il arrive sur lui de l'orient ou de l'occident, mais le souffle de ma vie n'a pas agité un brin d'herbe et mon néant est plus grand que celui de la poussière qui restera de moi. Quand le soleil de demain me cherchera, il ne me trouvera pas, la lune ne verra pas que j'ai été et que je ne suis plus. Mon existence est effacée, la route est balayée derrière moi jusqu'au fétu de paille de mon cercueil. ”
Source : Gallica

Portrait de Maria Konopnicka Maria Konopnicka,  Prométhée et Sisyphe : pages choisies (1911)

“ Aussitôt, une foule envahit notre chambre, les voisines arrivèrent, se mirent à donner leur avis, à secouer la tête, à soupirer et, comme père ne nous avait pas préparé de gruau ce jour-là, la grosse boutiquière emmena Pierrot qui pleurait parce qu'il avait faim et lui donna un petit pain.
— Voilà une brave femme, murmura Félek, puis il lui baisa la main et lui fit un grand salut.
Toute la journée, il me sembla que quelqu'un me murmurait à l'oreille : « Tu n'as plus de mère, ta mère est morte... » Alors, je me frottais les yeux avec mon poing parce que j'avais une terrible envie de pleurer.
”
Source : Gallica

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