Jean Richepin,
Le cadet
(1890)
“ Oui, oui, lui disait-il à la muette, console-toi un peu et te détends avec moi qui sais tout ce que tu penses, et tout ce que tu souffres, et tout ce que tu rêves. Les autres, ceux qui t'aiment, et Anaïs la première, ne voient pas qui tu es, jamais ne le verront. Moi, je le vois. Moi, je t'aime et je te comprends. Repose-toi sur mon cœur, mon lamentable frère. Voilà ce que lisait Amable dans le petit oeil gris. Peutêtre y mettait-il, en cette silencieuse oraison, de son imagination à lui. A coup sûr le gueux n'eût pas aussi clairement formulé sa sympathie, sa tendresse. ”
