Jean Richepin

Jean Richepin

Résumé

Portrait de Jean Richepin Jean Richepin,  Les Blasphèmes

“ C’est moi qui leur ai mis cet éclair au visage
Et ce cri dans la voix.
C’est moi qui vibre dans toute âme révoltée,
Dans tout âpre génie où vous voyez un fou.
C’est moi le noir Caïn, et c’est moi Prométhée
Le sublime filou.
C’est moi Lucrèce, et c’est moi Job, et Galilée,
Kepler, Newton, Fulton, Volta, tous les savants,
Et Gutenberg par qui votre pensée ailée
S’envole aux quatre vents.
Grâce à moi vous avez dominé la matière,
Subjugé ses secrets les plus mystérieux,
Et vous êtes les rois de la nature entière ;
Non pas les rois ; les dieux !
”
Source : Wikisource

Portrait de Jean Richepin Jean Richepin,  Les Blasphèmes

“ Vous ne l’avouez pas ; la honte est pitoyable.
Vous y croyez, my dear. J’y crois bien, moi, le Diable !
Si nous n’y croyions pas, nous autres les damnés,
Quel plaisir aurions-nous à lui cracher au nez ?
Heureusement, il est. On peut blaguer son œuvre.
Il est partout, il est toujours, comme une pieuvre
Au corps informe, aux bras infinis et flottants,
Nageant sous les flots noirs de l’espace et du temps,
Et tenant l’Univers avec ses tentacules.
Ce n’est pas un de ces grands-pères ridicules,
À barbe blanche, à l’air folâtre et bon enfant.
”
Source : Wikisource

Portrait de Jean Richepin Jean Richepin,  Les Blasphèmes

“ Mets tes mains sur tes yeux fermés ; baisse la tête.
Heureux qui mange, boit et dort ! Vive la bête
Qui sait ne rien savoir !
C’est bien. Je tenterai la sagesse abrutie
Et calme. Je rirai. Je ferai ma partie
Dans le chœur des heureux.
Je ne penserai plus. Je fermerai mon livre.
Avec les résignés sans souci je veux vivre,
Le plus crétin d’entre eux.
C’est bien. Je tends mon front au stupide baptême
De la sottise. Gai, je vais dire anathème
À mon espoir premier.
Je renonce à l’idée, au rêve. Je veux être
Comme un gras champignon qui pousse au pied d’un hêtre.
”
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature