Collectif

Résumé

Collectif La Revue bleue

Qu’un seul de nous atteigne le but et apporte l’étoile sur la terre et alors, grâce à sa clarté lumineuse, la vie sera brillante et claire. Mais lorsque je me suis trouvé debout sur la place, j’ai compris que mes rêves étaient chimériques ; j’ai compris que vous aviez besoin que la lumière soit seulement dans le ciel et inaccessible, pour vous incliner devant elle dans les moments solennels de votre vie. Sur la terre, vous préférez cette obscurité dans laquelle on peut se cacher des autres. Le principal est d’être satisfait de soi-même, de sa vie rongée de moisissure.
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Collectif La Revue bleue

Valodia croise ses mains, entrelace ses doigts.
— Et maintenant, vois-tu ce vieux qui marche ? Il a de la neige jusqu’aux genoux. Il peut à peine avancer. Il est seul. Pas une âme dans la plaine, et le village est loin. Il n’en peut plus, il a froid, il a peur. Comme il est courbé, ce pauvre vieux !
Mme Lovlev redresse les doigts de Valodia.
— Ah ! s’écrie Valodia avec enthousiasme, le vent lui arrache son bonnet... le vent ébouriffe ses cheveux... le vent le renverse dans la neige... Quel tas de neige, maintenant ! Maman, maman, entends-tu ?
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Collectif La Revue bleue

Ils nous feraient languir à petit feu. Mieux vaut mourir tout d’un coup, avec vingt-cinq balles dans la carcasse, que d’être ainsi menés d’étape en étape, comme des bêtes.
La nuit était tout à fait venue. Trois sentinelles, allant et venant, surveillaient les prisonniers. Nos pauvres soldats s’étaient laissé tomber par terre et dormaient d’un lourd et cruel sommeil ; quelques-uns, ceux qui étaient blessés, gémissaient doucement, à demi-voix, comme des enfants.
Dans l’ombre, Guèdre et Marcel guettaient le soldat prussien qui repassait près d’eux.
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