A. de Tocqueville

Élements biographiques

A. de Tocqueville,  Revue des Deux Mondes

“ Je m’imaginai qu’il en était ainsi et à plus forte raison dans le Nouveau-Monde, et qu’un pays peuplé d’une manière incomplète et successive comme l’Amérique devait présenter toutes les conditions d’existence et offrir l’image de la société à tous les âges. L’Amérique était donc, suivant moi, le seul pays où l’on pût suivre pas à pas toutes les transformations que l’état social fait subir à l’homme, et où il fût possible d’apercevoir comme une vaste chaîne qui descendît d’anneau en anneau depuis l’opulent patricien des villes jusqu’au sauvage du désert. ”
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A. de Tocqueville,  Revue des Deux Mondes

“ A notre droite, une forêt de pins s’élevait à une hauteur immense ; à notre gauche s’étendait un ravin profond, au fond duquel roulait parmi les rochers un ruisseau que l’obscurité du feuillage dérobait à notre vue, et vers lequel nous descendions en aveugles. Mettre la main sur nos fusils, nous retourner et nous placer dans le chemin en face de l’Indien, c’est l’affaire d’un moment. Il s’arrête de même; nous nous tenons pendant une demi-minute en silence. Sa figure présentait tous les traits caractéristiques qui distinguent la race indienne de toutes les autres. ”
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A. de Tocqueville,  Revue des Deux Mondes

“ Les Indiens, reprenait notre hôte, ils ont été je ne sais pas trop où, par-delà les grands lacs; c’est une race qui s’éteint; ils ne sont pas faits pour la civilisation, elle les tue.
L’homme s’accoutume à tout, à la mort sur les champs de bataille, à la mort dans les hôpitaux, à tuer et à souffrir. Il se fait à tous les spectacles. Un peuple antique, le premier et le légitime maître du continent américain, fond chaque jour comme la neige aux rayons du soleil, et disparaît à vue d’œil de la surface de la terre.
”
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