A. de Tocqueville

Résumé

A. de Tocqueville Revue des Deux Mondes

Je m’imaginai qu’il en était ainsi et à plus forte raison dans le Nouveau-Monde, et qu’un pays peuplé d’une manière incomplète et successive comme l’Amérique devait présenter toutes les conditions d’existence et offrir l’image de la société à tous les âges. L’Amérique était donc, suivant moi, le seul pays où l’on pût suivre pas à pas toutes les transformations que l’état social fait subir à l’homme, et où il fût possible d’apercevoir comme une vaste chaîne qui descendît d’anneau en anneau depuis l’opulent patricien des villes jusqu’au sauvage du désert.
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A. de Tocqueville Revue des Deux Mondes

A notre droite, une forêt de pins s’élevait à une hauteur immense ; à notre gauche s’étendait un ravin profond, au fond duquel roulait parmi les rochers un ruisseau que l’obscurité du feuillage dérobait à notre vue, et vers lequel nous descendions en aveugles. Mettre la main sur nos fusils, nous retourner et nous placer dans le chemin en face de l’Indien, c’est l’affaire d’un moment. Il s’arrête de même; nous nous tenons pendant une demi-minute en silence. Sa figure présentait tous les traits caractéristiques qui distinguent la race indienne de toutes les autres.
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A. de Tocqueville Revue des Deux Mondes

De temps en temps, un petit lac (ce district en est plein) apparaît comme une nappe d’argent sous le feuillage de la forêt. Il est difficile de se figurer le charme qui environne ces jolis lieux où l’homme n’a point fixé sa demeure, où règnent encore une paix profonde et un silence non interrompu. J’ai parcouru dans les Alpes des solitudes affreuses où la nature se refuse au travail de l’homme, mais où elle déploie jusque dans ses horreurs mêmes une grandeur qui transporte l’âme et la passionne. Ici la solitude n’est pas moins profonde, mais elle ne fait pas naître les mêmes impressions.
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