Résumé

Vocaltha Marco, ou l'Espagnol proscrit, épisode des guerres d'Espagne… (1836)

Donne-moi ta main, Marco. Il la prend, il la serre, il m'enlève, il me fait franchir l'obscurité des souterrains : je suis en plair air, sous la voûte du ciel. Mes fers se brisent; la vie dégagée reprend peu à peu son empire ; je retrouve quelques anciens amis, quelques vieux compagnons d'armes; je me crois en possession de ma jeunesse, de mes plaisirs, de mes chansons, démon indolence, de mes amours , de mes transports d'autrefois ; je ris, je bois, je danse, je chante le bonheur, je chante la patrie, je chante la liberté. Le tombeau m'a donné une réexistence miraculeuse.
Source : Gallica

Vocaltha Marco, ou l'Espagnol proscrit, épisode des guerres d'Espagne… (1836)

Je bondis, je m'élance au milieu de la plaine; je tourne, je retourne; mes pas se mêlent, se confondent; je pousse jusqu'au rivage; j'en parcours toute l'étendue, toutes les sinuosités , l'oeil fixe, la main haute ; j'appelle fort long-temps.... ni prêtre , ni Marianne, ni Josilla, ni personne ! Je ne sais quel bandeau me descend sur la vue ; tout ce qui est quelque chose, tout ce qui frôle, tout ce qui a le plus petit mouvement, est homme, a vie à mes yeux ; je cours dessus, aveugle, altéré, comme un chien après son ombre.
Source : Gallica

Vocaltha Marco, ou l'Espagnol proscrit, épisode des guerres d'Espagne… (1836)

Amédée ! je t'en conjure par amitié, par mon âme, par la tienne, par tout ce que j'ai de pouvoir sur toi, écoute la raison. — La raison ! m'as-tu dit ? la raison , Pauline ! mais qu'est-ce donc? le vague de la pensée, l'incertitude dans la vie, le froissement du coeur , l'anéantissement des plus chères, des plus vives émotions, un pas de fait vers l'insensibilité, vers l'âge des cheveux blancs.
Source : Gallica

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