Jean Lahor

Élements biographiques

Jean Lahor,  Revue des Deux Mondes

“ Tout peuple meurt, après que ses grands bois sont morts ;
Il ne suffit donc pas de la splendeur des marbres :
Ces verts abris perdus, les peuples sont moins forts.
Ce n’est pas seulement pour la douceur du rêve,
Par nous goûtée en l’ombre apaisante des bois,
Qu’il conviendra toujours de respecter leur sève,
Sœur pâle du sang rouge, et sacrée autrefois :
C’est qu’ils gardent en eux lame de la patrie,
Son vieil esprit, ses mœurs, son antique vigueur :
Quand la sève à Ilots coule en la forêt meurtrie,
Un peu de notre sang quitte aussi notre cœur.
”
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Jean Lahor,  Œuvres de Jean Lahor

“ En détruisant en toi l’égoïsme d’abord ;
Meurs à toi-même, afin de vivre sans limites :
Toute âme pour grandir doit traverser la mort.
Connais du vrai héros la volupté profonde ;
Libre de sentiments égoïstes et bas,
Sentant battre ton cœur avec le cœur du monde,
Habite un lieu divin où la mort n’atteint pas.
Quand à l’âme de tous ton âme est réunie,
Si bien que leur douleur est ta propre douleur,
Alors tu fais ta vie immortelle, infinie,
Et fais large ta joie en y mêlant la leur.
”
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Jean Lahor,  Œuvres de Jean Lahor

“ Trahissant le secret qui nous rend soucieux ;
Et, pareils à ces noirs dont la langue est coupée,
Les êtres devant nous restent silencieux.
Mais vous, les morts, ô vous qui savez ce qu’on souffre
A toujours ignorer le sort qui nous attend,
Vous qu’on a descendus aux profondeurs du gouffre,
Et qui pourriez enfin dire ce qu’on entend,
Ce qu’on voit dans la tombe, entré dans sa nuit noire,
O morts, qui connaissez les doutes d’ici-bas
Et les tourments de ceux qui ne veulent plus croire,
Pourquoi, muets aussi, ne répondez-vous pas?
”
Source : Wikisource

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