Résumé

Portrait de Ernest Renan Ernest Renan,  L'Abbesse de Jouarre (21e éd.) (1886)

“ D' Arcy et Julie assis sur deux chaises se touchant . Julie la main dans celle de D' Arcy .
JULIE , à demi-voix , à D' Arcy .
Oh ! oui , la mort va m' être douce . Une heure avant de mourir , tu m' as révélé la vie . Les hommes ne sauront rien de notre amour . La nature , qui l' a voulu , nous absout . Plus que jamais , je suis sûre
que notre passage à travers la lumière répond à une volonté du ciel , et que l' ombre où nous allons entrer n' est que le revers d' un autre infini , comparable au sein d' un père .
”
Source : Gallica

Portrait de Ernest Renan Ernest Renan,  L'Abbesse de Jouarre (21e éd.) (1886)

“ L' implacable souvenir du don refusé et qui ne reviendrait plus ferait de vous une fontaine de larmes , que j' irriterais du fond de ma morne éternité . Moi qui n' ai à sauver ni l' honneur d' un ordre , ni je ne sais quel vœu frivole , je suis plus grand que vous . A six heures de la mort , je ne pense pas à la mort , je ne pense qu' à vous , à l' amour que je vous ai juré . Je vous le redis en vérité : la conséquence de cette inflexibilité dont vous êtes si fière sera que vous pleurerez éternellement . ”
Source : Gallica

Portrait de Ernest Renan Ernest Renan,  L'Abbesse de Jouarre (21e éd.) (1886)

“ JULIE , seule .
A moi seule , sous ce règne de la mort , la mort est refusée . Oh ! je veux ... je veux ... Ce n' est pas un suicide ; je ne fais qu' achever l' œuvre d' un bourreau maladroit , réajuster la hache qu' un hasard a dérangée .
Elle arrache son bandeau et le considère un moment , comme fait Monime dans Mithridate .
C' est toi qui me rendras ce funèbre service , bandeau que d' anciens rites collèrent sur mon front , et qu' en somme je n' ai jamais profané . Je te prends à témoin ; je n' ai manqué à mon vœu que quand je
pouvais me croire déjà en la possession de la mort .
”
Source : Gallica

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