Résumé

Jacques Debout L'âme du feu : poèmes de guerre et d'après… (19..)

Seigneur ! puisque la France aura sauvé le monde, Permettez qu'elle soit la grande Nation, Nul n'a tant voué d'âme à la mort qui féconde, Et nul n'a tant saigné pour la rédemption.
Et vous que chaque jour fait plus vivants encore, Parmi les Te Deum, la prière et les fleurs, Lorsque s'inclinera le drapeau tricolore, On vous verra frémir, ô Morts, dans ses couleurs !
Près du sol, frangé d'or, c'est votre sang qui bouge ; La blancheur en jaillit, tellement il est pur, Elle évoque le ciel, et le baptême rouge A lavé la Patrie et reconquis l'azur.
Source : Gallica

Jacques Debout L'âme du feu : poèmes de guerre et d'après… (19..)

MARIE
Mais l'aveugle n'est pas qu'un aveugle. Pourquoi Serait-il cette nuit que l'on traîne après soi ?
L'Idéal peut donner des lueurs merveilleuses Près de quoi les soleils ne sont que des veilleuses !
C'est vrai qu'il ne voit plus l'azur matériel Mais s'il apercevait l'intérieur du Ciel !
C'est vrai qu'il ne voit pas la beauté de sa femme, Mais si c'était une épaisseur de moins entre leur âme !
Le rêve clôt nos yeux avant de les charmer, Et nous les fermons tous pour mieux nous voir aimer.
Vous dites que la nuit est la prison sans joie.
Mais la création toute entière y flamboie !
Source : Gallica

Jacques Debout L'âme du feu : poèmes de guerre et d'après… (19..)

Si la douleur n'a pas pour but l'enfantement, Si la Gloire n'est rien qu'un pompeux artifice, Et si la Mort n'est pas un recommencement.
Lorsque la soif, la peur et les autres tortures Hantaient votre agonie, ô Morts abandonnés !
Vos espoirs vous ont-ils semblé des impostures ?
Êtiez-vous des martyrs ou bien des condamnés ?
Ne pensiez-vous donc pas: « Pourvu qu'on tombe en brave, La Mort a des splendeurs dont la Vie est l'envers ; Depuis celui du Christ, le sang rachète et lave, Et l'éternelle Croix domine l'Univers ».
Source : Gallica

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