Jehan de Kellec, À Lesbos (1891)
“ Le parfum des bouquets humides de rosée se mêlait aux senteurs capiteuses de l’atelier. Laurence s’affaissa au milieu de ce lit odorant. Andrée s’agenouilla. Au loin, l’orage grondait. Tout près, chez un voisin, on entendait les sons mélodieux d’un orgue. Les éclairs partaient du haut des buttes, passaient à travers le vitrage et mettaient leurs reflets multicolores sur les vieux bahuts ou sur les antiques tentures. Quelquefois, ils se jouaient dans les cheveux des deux femmes, inclinées l’une vers l’autre. Elles n’avaient pas peur. Le monde ne comptait plus pour elles. ”
