Albert Delpit

Albert Delpit

La marquise (1882)

Résumé

Portrait de Albert Delpit Albert Delpit,  La marquise (1882)

“ Elle s'étendit sur une chaise longue et resta là, dans ce boudoir obscur, sans lumières, ne s'apercevant pas que la nuit grandissait dans le jardin de l'hôtel. Les seules ombres qu'elle vît étaient celles de sa pensée. Elle avait consommé le sacrifice. Le lendemain, tout Paris saurait qu'on l'abandonnait et que son amant devenait son gendre. C'était Diane qui le lui volait, et un frisson de colère l'agitait. Les heures coulaient sans qu'elle les comptât quand sa femme de chambre entra, apportant une de ces lampes anciennes, à la mode depuis quelques années : une lueur douce éclaira la pièce. ”
Source : Gallica

Portrait de Albert Delpit Albert Delpit,  La marquise (1882)

“ Madame de Morère prit le bras du marquis et se dirigea vers le salon afin de recevoir ses convives : de même que madame Rochez, ils ne tarderaient point à paraître.
– J'avais peur que vous ne vinssiez pas, dit Catherine en embrassant son amie. Ma lettre a dû vous arriver ce matin seulement ?
– Par bonheur, je ne dînais nulle part, puis je me serais rendue libre si je ne l'avais pas été. Ce n'est pas la peine d'être veuve si l'on n'agit pas selon son caprice. Or mon caprice est toujours de venir chez vous.
Henriette Rochez porte son veuvage très orné.
”
Source : Gallica

Portrait de Albert Delpit Albert Delpit,  La marquise (1882)

“ Catherine vit avec étonnement que son mari restait, elle n'osa pas lui demander pourquoi. Depuis leur terrible scène, le matin du bal, elle vivait sous l'empire d'une peur irraisonnée ; un malaise inexplicable la prenait chaque fois qu'elle se retrouvait en face de M. de Morère. D'ailleurs sa jalousie la torturait, elle haïssait le marquis depuis qu'elle avait découvert sa passion pour Diane. Elle vécut huit jours atroces : de temps en temps le destin se plaît à avoir des heures d'équité comme pour faire excuser des années d'injustice. ”
Source : Gallica

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