Pauline de Grandpré

Résumé

Pauline de Grandpré Les condamnées de Saint-Lazare… (1869)

On s'occupe grandement de la femme dans notre siècle, chère Marie ; les uns la blâment, d'autres la louent; peut-être personne ne la connaît bien. C'est une nature profonde, insaisissable, tantôt dévouée jusqu'au sublime, tantôt égoïste jusqu'à l'absurdité.
C'est un être plein de trouble, de caprices, de fantaisies, de charme, de douceur, d'énergie, d'abnégation.
Faible parfois comme un enfant, et quand l'enthousiasme la soutient, plus forte que l'homme même. On a raison de s'en occuper, car sur cet être mobile repose une partie du bonheur et de la sécurité de la société.
Source : Gallica

Pauline de Grandpré Les condamnées de Saint-Lazare… (1869)

Non, reprit-elle, car la solitude m'a rendu la liberté ; je suis loin de mon mari, je respire. La pauvreté ne m'effraie pas : je n'ai pas toujours été riche.
Plût à Dieu que mon père m'eût donné un état ou un art qui m'aurait fait vivre; il ne m'aurait pas mariée malgré mes résistances. Je serais pauvre et heureuse, au lieu d'être riche et prisonnière. Voilà où m'a conduite ce beau mariage tant vanté par ma belle-mère : je suis à Saint-Lazare, je coudoie des prostituées !
Source : Gallica

Pauline de Grandpré Les condamnées de Saint-Lazare… (1869)

Quand je m'ennuie par.
trop, je m'assieds par terre sur un coussin, et je fume des journées entières ; alors je rêve tout éveillée : je vois la campagne, les collines, le gazon, je vois surtout des lacs bleus, limpides, purs. Je n'étais pas faite pour la vie que je mène ; quand je songe trop, le désespoir me donne le vertige ; alors je bois, je chante, je fais la noce pour oublier; sinon j'essayerais encore de me tuer.
— Ne pensez plus à mourir, Euphrasie, songez à vivre en honnête femme.
— Vous me conseillez du luxe, Madame ; ne l'est pas qui veut. C'est si beau une honnête femme!
Source : Gallica

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