Eugène Vouaux

Résumé

Eugène Vouaux La fiancée du condamné (1879)

Un soir, le père Isidore, Marie et Joséphine attendaient, dans la petite salle à manger, l'arrivée de deux convives en retard. Enfin, ceux-ci firent leur apparition : c'étaient, on l'a bien deviné, Georges et Giroflée.
Le visage des deux jeunes gens rayonnait; leur démarche était légère; ils semblaient mille fois plus joyeux que le jour où ils avaient vu les portes de la prison s'ouvrir devant eux.
— Cette fois, c'est fini! s'écria Georges en embrassant le vieillard. Il n'y a plus pour nous de passé, ou du moins il n'y a plus de passé qui puisse mettre des entraves à notre avenir.
Source : Gallica

Eugène Vouaux La fiancée du condamné (1879)

Cependant je ine puis m'empêcher de vous déclarer, parce que c'est la vérité, que j'ai bon cœur, que je suis sensible, et que mes sentiments ne sont ni vulgaires, ni égoïstes.
Mon affection pour votre amie était si sincère, si dévouée, qu'elle ne tarda pas à m'estimer, à me donner son amitié et toute sa confiance. Je suis loin de la valoir, mais je suis digne de la comprendre, de l'aimer ; nos âmes se touchent par un côté que nous seules, femmes, pouvons connaître. Je suis donc, dans la force du terme, l'amie de votre amie, et, si le proverbe ne ment pas, je suis la vôtre.
Source : Gallica

Eugène Vouaux La fiancée du condamné (1879)

En apercevant Joséphine, la mère Girodet se leva péniblement, baissa les yeux et se mita pleurer.
La jeune fille l'embrassa, la caressa comme aux jours d'autrefois, et employa toutes les séductions de son bon cœur pour ramener un peu de joie et d'espérance dans cette àme dévastée par la douleur.
— Ma pauvre enfant, murmura la vieille femme, je suis bien malheureuse, et je voudrais mourir. Mon mari est comme moi : c'est tout juste s'il peut encore tenir le rabot qui nous donne un peu de pain. Nous avons reçu au cœur un coup dont nous ne guérirons jamais.
Source : Gallica

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