Jean-François Simon

Résumé

Jean-François Simon Gaston Chambrun

Marie-Jeanne se laissa choir dans les bras maternels. « Oh ! Maman, maman, soupira-t- elle. Mon cœur librement s’est donné à Gaston comme le tiens, jadis fut à mon père ; je n’appartiendrai jamais à nul autre qu’à lui ! »
Pauline Bellaire, émue inquiète, eut pour sa fille, une caresse apaisante, mais leva sur le jeune homme deux yeux sévères :
— Aurais-je à te reprocher la souffrance de mon enfant ?
— Ah ! protesta Gaston, moi qui la veux si heureuse !
— Et cependant tu viens d’être imprudent et coupable, prononça la Mère. Le cœur d’une vierge est une fleur délicate.
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Jean-François Simon Gaston Chambrun

Une ère nouvelle de félicité allait rajeunir le cœur de Monsieur Richstone. Qu’il était donc ingrat de s’être plaint à Dieu d’une vie qui lui réservait encore tant de jouissances. L’union de Gaston et de Marie-Jeanne n’était-elle pas son ouvrage, et, par suite, leur bonheur ne serait-il pas le sien ?
Mais il lui fallait consommer son œuvre, avant d’applaudir à son succès.
En homme d’affaires, il savait que les combinaisons les plus savantes, les plans les mieux tirés demeurent précaires et fragiles jusqu’au jour, où, quittant le domaine de l’abstraction, ils entrent dans celui de la réalité.
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Jean-François Simon Gaston Chambrun

De lourdes larmes sillonnèrent ses yeux soudainement blêmes et étouffèrent sa voix.
La jeune fille, le cœur serré, vint mettre les bras au cou de son père, appuya la tête contre son épaule et murmura :
— Papa, ne pleure pas !... Pourquoi ce chagrin ?... Tu voulais bien donner ta fille à un homme et tu la disputerais à Dieu ?...
— Je ne t’aurais pas perdue autant ! balbutia le pauvre père.
— Bien davantage, Papa !... Songe donc si j’avais épousé Gaston, il m’eût bien fallu quitter le foyer quand même, mon cœur eût été partagé entre lui et nos enfants.
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