Marcel Dhanys

Résumé

Marcel Dhanys,  La fille de Racine (1909)

“ Avant que Dieu m'eût fait la grâce de m'inspirer la vocation religieuse, j'avais une furieuse envie de lire les tragédies de mon père, depuis la Thébaïde, œuvre de ses débuts, jusqu'à celte admirable Phèdre qui amena sa réconciliation avec M. Arnauld et Port-Royal. Et plût à Dieu que ces trois vers d'Andromaque ne se fussent pas si obstinément gravés dans ma mémoire :
« L'amour me fait ici chercher une inhumaine. »
6 mai.
Je ne-vois que trop se vérifier en moi ce mot de Mère Sainte-Agnès : « Tout est piège et tentation pour l'infirmité de notre nature. »
”
Source : Gallica

Marcel Dhanys,  La fille de Racine (1909)

“ Elle ne devient calme et sereine qu'au moment où, comprenant le devoir que sa dignité lui impose, elle n'a plus à risquer que sa vie. Ah! comme je me retrouve dans les doutes, les craintes, les tristesses des héroïnes de mon père. Ne puis-je dire comme Monime à Xipharès :
« Ah! par quel soin cruel le ciel avait-il joint Deux cœurs que l'un à l'autre il ne destinait point. »
Comme elle, je devrais dire à Claude :
« Si ce cœur magnanime D'un véritable amour a brûlé pour Monime,
Je ne reconnaîtrai la foi de vos discours
Qu'aux soins que vous prendrez de m'éviter toujours. »
”
Source : Gallica

Marcel Dhanys,  La fille de Racine (1909)

“ L'autre soir Fanchon demandait à Madelon : — Crois-tu que le bon Dieu guérira notre papa si je donne à la petite mendiante qui est à la porte de Saint-Sulpice la belle poupée que M. Claude m'a achetée à la foire?
Pauvres enfants, quel père ils perdraient, Dieu daignera-t-il agréer le naïf sacrifice de Fanchon ?
20 septembre.
Les larmes m'étouffent. Je ne quitte mon père que pour me soulager un instant en pleurant en liberté. Comme la maladie le laisse semblable à lui-même, toujours si parfait ami de ses amis!
”
Source : Gallica

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