Résumé

Marcel Dhanys Sur les marches du trône (2e éd… (1901)

Tout Roi qu'il est, il ne peut rien me donner de plus précieux. Il m'aime! Cela me met au cœur une joie surhumaine. Et si cet amour devait me conduire aux larmes, à l'exil, à la mort même, loin de le repousser, je l'accepterais avec une aussi haute allégresse.
Il m'aime! qu'importe ce qu'il adviendra de moi! qu'importe tout puisqu'il m'aime!
Ma part de joie, en cette vie, serait encore bien belle si elle devait tenir toute en la minute où le Roi m'a dit ces mots : Je vous aime !
Fontainebleau, 6 septembre 1658.
Nous menons céans une vie véritablement enchantée.
Source : Gallica

Marcel Dhanys Sur les marches du trône (2e éd… (1901)

Si le Roi m'aimait! Je sais bien que cela est impossible : personne ne m'aime, moi, personne ne m'a jamais aimée.
Mais si je l'aimais, moi ! Il est si beau, il a une grâce si noble et si fière qui le met si fort audessus des premiers de sa Cour, que je m'étonne qu'une femme qui a vu le Roi puisse jamais aimer un autre homme.
Mais Dieu merci ! je n'aime pas le Roi. J'entends d'ici les railleries de toute la Cour si l'on me pouvait croire assez audacieuse pour oser élever ma pensée jusqu'au Roi. Il serait, lui, le premier à se rire de cet amour.
Source : Gallica

Marcel Dhanys Sur les marches du trône (2e éd… (1901)

Savez-vous bien que le prince Eugène de Savoie, comte de Soissons, est petit-fils de Charles-Quint par sa grand'mere, prince du sang de France par sa mère Marie de Bourbon, et de la maison de Savoie par son père le prince Thomas de Carignan?
— Qu'importe! toute illustration n'est que néant devant le Roi, et si vous l'aimiez.
— Je l'aime. On aime toujours le Roi quand il vous fait l'honneur de vous aimer lui-même ; mais songez, je vous prie, à quoi me pouvait conduire cet amour.Le Roi est jeune et dans une étroite dépendance de notre oncle.
Source : Gallica

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