Marcel Dhanys, Le roman du grand Condé (1908)
“ En m'apprenant son mariage, Anne m'a dit : – Sans que je vous aie jamais rien confié, vous avez deviné le secret de mon coeur. J'aime et je suis aimée ; mais mon père n'eût jamais consenti à un tel mariage. Je me soumets à sa volonté. Une fille de mon rang n'a pas le droit d'espérer le bonheur par l'amour dans le mariage. Mon coeur est déchiré, mais je ne veux d'autre pitié que la vôtre, car nous souffrons toutes deux même peine, J'ai soulagé mon coeur par cet aveu, désormais nul ne m'entendra me plaindre. Ma destinée est amère, mais aux yeux de tous je lui veux faire bon visage. ”
