Marcel Dhanys

Résumé

Marcel Dhanys Le roman du grand Condé (1908)

En m'apprenant son mariage, Anne m'a dit :
– Sans que je vous aie jamais rien confié, vous avez deviné le secret de mon coeur. J'aime et je suis aimée ; mais mon père n'eût jamais consenti à un tel mariage. Je me soumets à sa volonté. Une fille de mon rang n'a pas le droit d'espérer le bonheur par l'amour dans le mariage. Mon coeur est déchiré, mais je ne veux d'autre pitié que la vôtre, car nous souffrons toutes deux même peine, J'ai soulagé mon coeur par cet aveu, désormais nul ne m'entendra me plaindre. Ma destinée est amère, mais aux yeux de tous je lui veux faire bon visage.
Source : Gallica

Marcel Dhanys Le roman du grand Condé (1908)

Mon sacrifice est fait, j'irai au Carmel.
J'ai vu M. l'abbé Vincent. Je lui ai confessé mes égarements ; je lui ai dit mon ardent désir d'obtenir la guérison du duc, d'être la seule à porter le poids de l'expiation d'un passé dont le souvenir est encore si cher à mon coeur.
– Je vous l'avais bien dit, ma fille, – m'a dit l'abbé Vincent, – le monde n'est pas fait pour vous !
– Ah ! mon père, si Dieu m'appelait vraiment à lui, éprouverais-je un tel déchirement à rompre les liens qui m'attachent encore au monde ?
Source : Gallica

Marcel Dhanys Le roman du grand Condé (1908)

Ne demandez donc plus la mort, ma fille, vivez, mais d'une vie de renoncement et de pénitence, vivez pour être comme une vivante hostie sans cesse immolée sur l'autel du sacrifice ! N'hésitez plus ; songez que peut-être sa vie est à ce prix.
« Sa vie est à ce prix ! » et mon sacrifice n'est point encore consommé !... Ah ! vous le savez bien, mon Dieu, m'ensevelir vivante dans ce tombeau du Carmel, cela est au-dessus de mes forces ! Mon pauvre coeur, tout meurtri qu'il soit, est encore trop vivant. Je puis bien renoncer à celui que j'aime, mais je ne puis cesser de l'aimer.
Source : Gallica

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