“ Dans ces entretiens, madame de Maintenon ne parlait que d'amitié, de morale, et de religion. Louis trouvait toujours du charme à écouter celle qui avait sur son coeur un suprême ascendant : il aimait cette raison supérieure qui s'exprimait avec tant de naturel et de grâces, et cette vertu parfaite qui ne se démentait jamais. Il était impossible d'éviter les fréquens tête-à-tête avec le roi. Madame de Maintenon prit le parti de n'avoir jamais l'air de les craindre ”
Madame de Maintenon
Définition et enjeux
Madame de Maintenon, née Françoise d’Aubigné, fut l’entourage puis l’épouse secrète de Louis XIV, exerçant une influence discrète mais durable sur la cour de Versailles. Des auteurs comme Amélie Suard soulignent sa vertu et sa modeste grandeur, tandis que Paul de Noailles met en lumière sa complexité humaine, dépassant les stéréotypes de bigoterie.
Dans ses propres lettres, elle réfute les jugements prématurés, affirmant sa volonté de servir Dieu et le roi. Son héritage, notamment la fondation de la Maison royale de Saint-Louis, témoigne d’une action concrète en faveur de l’éducation des femmes, marquant durablement l’histoire de l’Ancien Régime.
Citations sur “Madame de Maintenon”
“ Le roi eut toujours pour madame de Maintenon, pendant trente ans que dura leur union, la même grâce et la même galanterie : l'estime fixa son amour. Madame de Maintenon conserva dans sa grandeur une telle modestie, que rien ne parut au dehors du changement de son état, et que, si elle n'eût pas occupé la tribune de la reine, on n'aurait pas même soupçonné son mariage. Ses joies, si elle en ressentit, restèrent au fond de son coeur, et elle ne fit usage de sa grandeur que pour répandre un plus grand nombre de bienfaits. ”
Françoise d'Aubigné marquise de Maintenon, Quatre Lettres inédites... (1864)
“ Les apologistes de madame de Maintenon traitent de calomniateurs ceux qui ne croient pas à la vertu de cette dame ; ils repoussent avec énergie tout ce qui n'est pas en sa faveur, tout ce qui n'est pas à son avantage ; et conséquemment, ils accueillent avec empressement le récit des éloges et des belles et bonnes actions favorables à leur héroïne; et ils applaudissent tous les écrivains qui font de madame de Maintenon une femme vertueuse et irréprochable. Nous ne les en blâmons pas, au contraire; chacun écrit selon ses sentiments et ses impressions. ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ Il me semble en effet qu'il ne falloit pas même toute la vertu de madame de Maintenon, pour se sentir déplacée et mal à l'aise, en vivant dans l'intérieur de l'appartement d'une femme qui triomphoit, aux yeux de la reine, du titre de maîtresse du roi. Les véritables passions, comme celle de madame de la Vallière, semblent pouvoir aspirer non – seulement à l'indulgence des hommes, mais à celle du Ciel même, qui voit leurs combats en faveur de la vertu. ”
“ Le roi, dans ses derniers momens voyant toujours madame de Maintenon au chevet de son lit, lui adressa ces dernières paroles : « J'admire, madame, lui dit-il, votre courage et votre amitié pour moi d'assister à un si triste spectacle ; retirez-vous; je sais tout ce que la bonté de votre coeur doit vous faire souffrir. » ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ Quand le sacrifice de soi est de presque tous les momens, on peut cesser de porter sa chaîne avec courage, et succomber sous la fatigue de la traîner. Madame de Maintenon aimoit à vivre avec Dieu, avec l'amitié et avec elle-même ; le roi ne pouvoit rester seul un moment ; c'est ce qui fait dire à madame de Maintenon : « Quel malheur d'avoir à amuser un homme qui n'est plus amusable » ! ”
Les reines du monde : par nos premiers écrivains (1862)
“ Le grand triomphe de la jeune princesse de Savoie fut la conquête de madame de Maintenon. Elle la fit complète, absolue. En l'embrassant à son arrivée, la reine de Saint-Cyr lui dit : « Est-ce que vous n'avez pas peur d'une vieille femme comme moi ? — Mais pas si vieille ! » répliqua la princesse en la couvrant de baisers. Ce mot décida peut-être de leur amitié, et dès ce moment madame de Maintenon prit autant de goût que le roi lui-même à ce spirituel et gai caquet, à ces libertés adorables, à ces explosions de vivacités et de lutineries qui étaient le propre de cette charmante femme. ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ Elle paroît ne travailler à donner le roi à Dieu, que pour le donner à ses sujets, et l'amour qu'elle porte au peuple paroît égal à celui qu'elle porte à Dieu même. Pour arriver à ce premier voeu de son coeur, elle se conduisit avec autant de prudence que de discrétion. La religion, si respectée du roi, n'étoit point celle de madame de Maintenon. Le roi, dit madame de Maintenon, ne manquera pas une abstinence, mais il ne comprendra pas qu'il faut réparer ses fautes et aimer Dieu, plutôt que le craindre ; le fond est plein de religion, mais l'ignorance est extrême. ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ « Tout s'éteint en moi, tout m'échappe », disoit une autre fois madame de Maintenon, et cependant son âme reste toute entière, à près de quatre-vingts ans, pour sentir toutes les douleurs qui viennent la frapper. Quelle faculté pour la souffrance ! quand la terre se dépeuploit tous les jours des objets qui l'y attachoient, et que les compensations lui échappoient de partout. ”
Paul de Noailles,
Histoire de Madame de Maintenon et des principaux évènements du règne de Louis XIV. Tome 4
(1849-1858)
“ C'est cet heureux mélange que madame de Maintenon représente, et qui fait d'elle un personnage à part, et l'un des plus remarquables du siècle; lequel, lorsqu'on l'examine de près, attache plus qu'on n'aurait pensé, et fournit en tout cas une de ces études morales toujours attrayantes et toujours variées sur l'inépuisable nature du cœur humain. ”
Paul de Noailles,
Histoire de Madame de Maintenon et des principaux évènements du règne de Louis XIV. Tome 4
(1849-1858)
“ Écartons une fois pour toutes, dit avec raison M. Chasles, dans son étude attentive de la vie de madame de Maintenon, écartons cet appareil dont on ento'ure sa vieillesse, ce spectacle odieux de je ne sais quel sombre réduit au fond d'un palais, cette complicité de la dévotion et de l'intrigue inventée pour la mise en scène. Madame de Maintenon n'est pas là. Elle est au milieu des jeunes filles qu'elle rassemble, qu'elle nourrit, et surtout qu'elle aime. ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ Madame de Maintenon dut éprouver une impression bien douloureuse, de l'indifférence dont elle se plaint ici. La première perte des illusions est accablante. Indépendamment de la surprise qu'elle fait éprouver, elle laisse entrevoir tristement le reste de la vie. Aussi s'écria-t-elle avec amertume, dans ce moment : « Ah ! si j'étois dans la faveur, que je traiterois différemment les malheureux ! » Et cette justice quelle se rend ici à elle-même, n'est point un sentiment de situation, un de ces sentimens qui ne font que traverser le coeur. ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ Une personne aussi distinguée que madame de Maintenon, placée de bonne heure dans la société la plus aimable et la plus spirituelle, accoutumée dès long-temps à recueillir tout ce que les communications libres de l'amitié et tout ce que le mouvement du monde offroient à sa pensée, ne pouvoit trouver que le vide et l'ennui au milieu de ces grands salons de Versailles et de Marly, qui rassembloient une foule d'hommes et de femmes, presque tous au moins indifférens l'un à l'autre, et ne s'adressant que des propos insignifians et misérables. ”
Paul de Noailles,
Histoire de Madame de Maintenon et des principaux évènements du règne de Louis XIV. Tome 4
(1849-1858)
“ On s'est plu à dire que madame de Maintenon était un esprit étroit et routinier ; je voudrais montrer qu'elle était un esprit ardent et novateur. On a beaucoup dit aussi qu'elle avait une piété sèche et dure, une dévotion bornée et monotone : je voudrais montrer combien sa piété était intelligente et élevée, combien elle répugnait à la mesquinerie de l'esprit monastique et comment elle était enfin, dans ses principes de direction, de l'école hardie et sensée des plus habiles directeurs du dix-septième siècle, j'aurais dit volontiers de l'école de Fénelon, n'était le mysticisme. ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ Mais ce coeur se montroit tout entier au coeur vraiment maternel de madame de Maintenon. « Je supporterois bien mieux, dit-elle à madame de Caylus, je supporterois bien mieux l'oubli et l'ingratitude de tous que l'amitié qu'il me témoigne ». Malgré la douleur qu'elle éprouvoit de ses chagrins, c'est toujours sans humeur qu'elle parle du Régent ; elle s'étonne seulement qu'il ne remette pas à la majorité du roi l'affaire des princes légitimés, et ne peut blâmer le duc du Maine de refuser de descendre volontairement du rang où l'avoit placé la tendresse de son père. ”
Paul de Noailles,
Histoire de Madame de Maintenon et des principaux évènements du règne de Louis XIV. Tome 4
(1849-1858)
“ Ce qui éloigne de madame de Maintenon plusieurs même de ceux qui lui rendent justice, c'est, disent-ils, cette personnalité orgueilleuse, ce besoin de satisfaction d'elle-même et d'approbalion publique, cet empire continuel sur ses actions et ses pensées, qui donne à sa vie une apparence de calcul, un aspect contenu, un peu sec quelquefois, et toujours réfléchi ; ce qui semble exclure tout mouvement spontané, tout élan, toute passion. ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ Une tendre et active compassion pour les misères humaines est le sentiment dominant de madame de Maintenon, celui qui revient à chaque instant dans ses lettres, et qui paroît faire l'occupation continuelle de sa vie. « Que deviennent mes pauvres ? dit-elle ; mes amis m'intéressent, mais mes pauvres me touchent ». C'est quelquefois dans l'expression de ces mouvemens d'humanité et de bienfaisance, que se mêlent quelques teintes de cette gaîté douce qui tenoit à une disposition naturelle de son esprit. ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ Pour moi, j'ai beau parcourir l'histoire, regarder autour de moi, recueillir tous mes souvenirs, un plus parfait modèle d'esprit, de raison, de générosité, de bonté et de vertu, ne vient point s'offrir à ma pensée. Le caractère essentiel d'une âme véritablement grande, me paroit être de se montrer supérieure à toutes les épreuves de la vie humaine, et c'est le caractère de madame de Maintenon. ”
Paul de Noailles,
Histoire de Madame de Maintenon et des principaux évènements du règne de Louis XIV. Tome 4
(1849-1858)
“ Elle échappe à ce privilège de la vie privée qui n'appartient pas à l'histoire, et à cet avantage de l'obscurité qui protège contre les jugements publics les femmes surtout, dont le nom ne doit tout au plus arriver à la postérité qu'à travers un nuage pour ainsi dire, et comme enveloppé du parfum de grâces et d'esprit qu'elles ont répandu autour d'elles. Par la singularité de sa destinée, madame de Maintenon a involontairement pris rang parmi les personnages qui, se plaçant sur la scène, se livrent à l'opinion de tous. Sa célébrité donne le droit de la juger. ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ Madame de Maintenon, presque toujours calme quand l'injustice ne se porte que sur elle seule, se montre pénétrée de douleur quand le roi en devient l'objet. « On voudroit, dit-elle au cardinal dans cette occasion, on voudroit lui ôter ses chiens, ses valets. Où se font ces murmures ? à sa porte. Par qui ? par les gens à qui il a tout donné. On veut compter pour rien ce qu'il a fait, on ne voit que ce qu'il peut faire encore. Je vous avoue que de pareilles dispositions me glacent le sang dans les veines ». ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ Dans tout le cours de sa vie, madame de Maintenon a prodigué à son frère ses soins et sa tendresse. Les âmes insensibles ont cela de commun avec celles qui n'ont point de morale, que rien ne les blesse, rien ne les touche ; et un des caractères les plus distincts des âmes honnêtes et capables d'attachement profond, c'est de sentir avec douleur toutes les fautes, toutes les erreurs qui peuvent priver l'objet de leur intérêt, de l'estime des gens de bien ”
Françoise d'Aubigné marquise de Maintenon, Quatre Lettres inédites... (1864)
“ Lorsque cette princesse quitta Saint-Cyr, cette célèbre maison était expirante : 1793 l'emportait dans son terrible, et désastreux tourbillon; et encore quelques jours, l'oeuvre que madame de Maintenon avait animée de son souffle puissant et fécond, où elle avait mis toute l'ardeur de son âme, de son esprit et de son coeur; cet asile qui avait abrité sous son toit protecteur, pendaut plus d'un siècle, tant de nobles et intéressantes jeunes filles ; qui avait été le berceau d'Esther et d'Athalie ”
Jean-Joseph Languet de Gergy,
La famille d'Aubigné et l'enfance de Mme de Maintenon
(1863)
“ Le principal soin de madame de Maintenon fut d'inspirer aux dames et aux demoiselles l'amour de Dieu et le zèle de leur perfection. Elle y employoit les lectures pieuses, les conversations saintes, les récréations même aussi bien que les avis, les conseils, les prières et les répréhensions, car elle vivoit avec toutes comme une supérieure au milieu de sa communauté, et savoit tempérer la grande considération où elle étoit dans cette maison par sa douceur , son affabilité et sa modeste simplicité ”
Paul de Noailles,
Histoire de Madame de Maintenon et des principaux évènements du règne de Louis XIV. Tome 4
(1849-1858)
“ Madame de Maintenon néanmoins avait une action; un esprit aussi élevé, aussi sensé, dut prendre vite un certain ascendant sur le roi; mais lequel? celui d'une épouse qui a l'avantage d'être présente. Qu'elle se soit méprise quelquefois, je ne m'en étonne pas, mais en général son influence fut très-généreuse, et son langage imprégné du sentiment le plus élevé de la justice. Dire qu'on ne retrouve pas en bien des choses quelque effet de ses conseils, ce serait un vain paradoxe, mais l'action qu'elle exerça fut une action morale beaucoup plutôt que purement religieuse ou politique. ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ Madame de Maintenon en fut très-attendrie, et le roi, qui pouvoit à peine le croire, s'en montra fort touche. « Si, dit – il, ils ont souffert dans leurs biens et dans leurs personnes ; j'espère que Dieu ne me punira pas des violences que je n'ai pas ordonnées ». Mais à qui les peuples auront-ils recours, si les rois ne sont pas responsables du mal que l'on fait en leur nom sous leurs yeux ? Ainsi madame de Maintenon se trouva libre, dès ce moment, de mettre au-dehors l'humanité profonde de son âme et la douceur de ses sentimens religieux. ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ Rien n'étoit négligé de ce qui pouvoit les arracher à l'oisiveté, aux vices et à l'indigence qui en est si souvent la source ; en même temps madame de Maintenon se montra si remplie d'humanité envers ses fermiers, que l'homme chargé de ses affaires ne put s'empêcher de lui dire un jour : « Il faut avouer, Madame, que vous êtes bien bête pour une femme d'esprit ». Plus tard, le roi y envoya Lenôtre, qui embellit encore les jardins de Maintenon. Un jour il s'y rendit avec la reine ; mais madame de Maintenon venoit d'en sortir ; ils trouvèrent le lieu très-agréable. ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ En m'occupant des lettres et de la vie de madame de Maintenon, il m'auroit été pénible d'avoir à me défendre d'exprimer l'estime profonde que m'inspirent la pureté de son âme et la noblesse de son caractère ; mais on verra que, si j'ai cédé à un sentiment si naturel et si doux, je n'ai pourtant dissimulé ni ses erreurs, ni ses fautes ; fautes, il est vrai, qui occupent bien peu de place dans une si belle et si longue vie ; fautes qui tiennent toutes a une même cause, sur laquelle je ne dois pas prévenir à l'avance le lecteur. ”
Paul de Noailles,
Histoire de Madame de Maintenon et des principaux évènements du règne de Louis XIV. Tome 4
(1849-1858)
“ Je sais bien que beaucoup de gens croiront que je fais un paradoxe en prétendant que madame de Maintenon avait un cœur tendre, sensible, sympathique, qu'elle aurait pu être passionnée pour le mal,qu'elle a préféré l'être pour le bien,et qu'enfin, si elle a pris la vertu, ce n'est pas incapacité pour le vice. ”
Paul de Noailles,
Histoire de Madame de Maintenon et des principaux évènements du règne de Louis XIV. Tome 4
(1849-1858)
“ Le lecteur aura remarqué que madame de Maintenon se servit de son ascendant sur le roi pour le ramener vers la reine. Une femme qui n'aurait eu que de l'habileté et de l'ambition aurait trouvé plus sûr de posséder seule l'esprit et le cœur du roi. ”
Paul de Noailles,
Histoire de Madame de Maintenon et des principaux évènements du règne de Louis XIV. Tome 4
(1849-1858)
“ Quoi qu'il en soit, on peut bien dire que jamais conscience n'a été mise plus à nu, et par ses propres révélations, et par celles des autres; et je ne sais si beaucoup de ceux qui jugent madame de Maintenon si sévèrement voudraient être mis à pareille épreuve. ”
“ Aux premiers 64 MADAME rayons de l'aurore, madame de Maintenon , depuis long-tems éveillée, se lève, et passe dans son oratoire; là, elle se prosterne, et, baignée de larmes, elle prie avec la touchante ferveur de la reconnaissance. A dix heures, elle s'habilla, fit fermer sa porte, et ne vit que le roi, avec qui elle passa le reste de la matinée. Après le dîné, elle fut à S.-Cyr ; son agitation ne lui permit pas d'y présider, comme de coutume, aux exercices des classes ; elle resta trois heures dans l'église, et ne revint à Versailles qu'à la nuit. ”
Amélie Suard,
Madame de Maintenon, peinte par elle-même…
(1810)
“ Les femmes, à qui l'on ose exprimer de tels voeux, les devinent dans les regards et les manières de ceux qui les approchent ; et il leur est permis de jouir de l'intérêt que la beauté modeste fait naître, et qu'elle a su épurer. Beau dévoûment à l'humanité. Madame de Maintenon avoit une de ces âmes qui trouvent du bonheur dans un noble dévoûment à l'amitié et à l'humanité. Elle fit un jour un voyage de plaisir avec quelques amis. Un homme de la compagnie, qu'elle connoissoit à peine, fut tout à coup attaqué de la petite-vérole. ”
