“ L’un des côtés de la chambre servait de vestiaire : l’on y voyait, appendu à un portemanteau, le galant costume de débardeur de Rose-Pompon, non loin de la vareuse de canotier de Philémon et de ses larges culottes de grosse toile grise, aussi goudronnées, mille sabords ! mille requins ! mille baleines ! que si cet intrépide matelot avait habité la grande hune d’une frégate pendant un voyage de circumnavigation. Une robe de Rose-Pompon se drapait gracieusement au-dessus des jambes d’un pantalon à pieds, qui semblaient sortir de dessous la jupe. ”
Rose-Pompon
Définition et enjeux
Citations sur “Rose-Pompon”
“ En manière de robe de chambre, Rose-Pompon avait ingénument passé par-dessus sa chemise la grande chemise de laine écarlate de Philémon, distraite de son costume officiel de canotier ; le collet, ouvert et rabattu, laissait voir la blancheur de la toile du premier vêtement de la jeune fille, ainsi que son cou, la naissance de son sein arrondi et ses épaules à fossettes, doux trésor d’un satin si ferme et si poli, que la chemise écarlate semblait se refléter sur la peau en une teinte rosée ”
“ Une cravate de soie noire serrant la chemise écarlate à la taille de guêpe de Rose-Pompon, au-dessus de ses hanches, dignes du religieux enthousiasme d’un moderne Phidias, donnait à ce vêtement, peut-être un peu trop voluptueusement accusateur, une grâce très-originale. Nous avons prétendu que le feu auquel se chauffait Rose-Pompon était étrange... qu’on en juge : l’effrontée, la prodigue, se trouvant à court de bois, se chauffait économiquement avec les embauchoirs de Philémon, qui du reste offraient à l’œil un combustible d’une admirable régularité. ”
“ Ce déguisement seyait à merveille à sa tournure dégagée. Au fond de la voiture, debout sur les coussins, se tenaient Rose-Pompon et la reine Bacchanal. Rose-Pompon, ex-frangeuse de dix-sept ans, avait la plus gentille et la plus drôle de petite mine que l’on pût voir ; elle était coquettement vêtue d’un costume de débardeur ; sa perruque poudrée à blanc, sur laquelle était crânement posé de côté un bonnet de police orange et vert galonné d’argent, rendait encore plus vif l’éclat de ses grands yeux noirs et l’incarnat de ses joues potelées ”
“ Agricol a raison, il faut être raisonnable, ma bonne Mayeux, reprit Rose-Pompon, nous attendrons... J’attendrai aussi en causant tout à l’heure avec madame (et Rose-Pompon jeta sur Adrienne un regard sournois de chatte en colère) ; oui, oui, j’attendrai, car je veux dire à cette pauvre Céphyse qu’elle peut, comme vous, compter sur moi. (Et Rose-Pompon se rengorgea gentiment.) Soyez tranquilles. Tiens, c’est bien le moins, quand on se trouve dans une heureuse passe, que vos amies qui ne sont pas heureuses s’en ressentent ; ça serait encore gracieux de garder le bonheur pour soi toute seule ! ”
Clémence Badère, Hermance de Meyran, ou Une noble de nos jours (1879)
“ Ah ! la célébrité de Rose Pompon ! s'écria la Rose-pomme avec ironie ; elle est délicieuse, la petite Pompon ; elle est à mettre sous cloche ! Un instant, ma mignonne, ne te fais donc pas si fière, l'auteur a fait de toi une ravissante grisette ; sa plume même s'est faite jolie et coquette pour te peindre, c'est une justice à lui rendre ; mais toujours est-il que tu n'es qu'une grisette. – Tiens, cette grosse pommée, qu'est-ce qui lui prend donc, fit la petite Pompon en se dressant sur sa tige comme un petit coq sur ses ergots. ”
“ Enfin, comme hors-d’œuvre, on voyait une douzaine d’olives dans un de ces baguiers de verre bleu et opaque à vingt-cinq sous ; son dessert se composait de noix qu’elle s’apprêtait à faire à demi griller sur une pelle rougie au feu des embauchoirs de Philémon. Que Rose-Pompon, avec une nourriture d’un choix si incroyable et si sauvage, fût digne de son nom par la fraîcheur de son teint, c’est un de ces divins miracles qui révèlent la toute-puissance de la jeunesse et de la santé. ”
Eugène Sue,
Le Juif errant
(1852)
“ Je suis son tyran — ajouta Rose-Pompon d'un air tragique, et l'on vit se dissiper le nuage de tristesse qui avait assombri son joli visage pendant son récit à la mère Arsène. — C'est pourtant vrai— dit la mère Arsène en réfléchissant. — On trompe une pauvre fille... qu'est-ce qui la protège, qu'est-ce qui la défend? Ah ! oui, bien souvent le mal qu'on fait ne vient pas de vous... et... — Tiens!... Nini-Moulin !...— s'écria Rose-Pompon en interrompant la fruitière et en regardant de l'autre côté de la rue, est-il matinal!... Qu'est-ce qu'il peut me vouloir? ”
“ Rose-Pompon commença à regarder Dumoulin avec surprise et lui dit : — Qu’est-ce que cela signifie, Nini-Moulin ? Expliquez-vous donc ; quels sont ces conseils ? Dumoulin ne répondit rien, replongea sa main dans ses intarissables poches, en tira cette fois un paquet qu’il développa soigneusement ; c’était une magnifique mantille de dentelle noire. Rose-Pompon s’était levée, saisie d’une admiration nouvelle. Dumoulin jeta prestement la riche mantille sur les épaules de la jeune fille. — Mais c’est superbe ! Je n’ai jamais rien vu de pareil !... Quels dessins !... quelles broderies ! ”
“ La petite Rose-Pompon, veuve depuis quelques jours d’un étudiant qui, afin de pouvoir terminer dignement son carnaval, était retourné dans sa province pour soutirer quelque argent à sa famille sous un de ces fabuleux prétextes dont la tradition se conserve et se cultive soigneusement dans les écoles de droit et de médecine, Rose-Pompon, par un exemple de fidélité rare, et ne voulant pas se compromettre, avait choisi pour chaperon l’inoffensif Nini-Moulin. ”
“ Ah ! l’amour de lapin blanc ! a-t-il de beaux yeux rouges ! Il faut l’avouer, telles furent les premières paroles de Rose-Pompon, et Philémon, à qui elles ne s’adressaient pas, revenait pourtant après une longue absence ; mais l’étudiant, loin d’être choqué de se voir complètement sacrifié à son compagnon aux longues oreilles et aux yeux de rubis, sourit complaisamment, heureux de voir la surprise qu’il ménageait à sa maîtresse si bien accueillie. ”
“ Pauvre Céphise ! dit Rose-Pompon en soupirant et en secouant tristement la tête ; après s’être tant amusée, après avoir tant dépensé d’argent avec Jacques Rennepont, habiter là et se mettre à vivre de son travail !... Faut-il qu’elle ait du courage !... ”
“ Et, par conséquent, les femmes mariées doivent vivre comme n’ayant pas de maris [2] ... Il ne me reste plus qu’à vous tendre d’autant plus les bras, ô Rose-Pompon ! que Philémon n’est pas même votre époux... — Je ne dis pas ; mais vous êtes trop laid !... — C’est une raison... alors je bois à la santé du plan de Philémon !... Faisons nos vœux pour qu’il produise une carotte monstre !... — À la bonne heure, dit Rose-Pompon ; à la santé de cet intéressant légume, si nécessaire à l’existence des étudiants. — Et autres carottivores ! ajouta Dumoulin. ”
“ Ça serait gentil ! — Je crois bien... que faite comme vous l’êtes ça serait gentil, et très-gentil encore, ô le plus rose de tous les pompons dont l’Amour ait jamais orné son carquois !!! — Allez donc prêcher le carême et la morale dans votre journal... gros apôtre ! dit Rose-Pompon en allant restituer la chemise écarlate au costume de Philémon. — Ah çà ! est-ce que nous allons converser longtemps ainsi à travers la porte, pour la plus grande édification des voisins ? dit Nini-Moulin. Songez que j’ai des choses très-graves à vous apprendre, des choses qui vont vous renverser... ”
“ Eh ! mon Dieu ! je restais, dit Rose-Pompon en frappant du pied avec dépit, je restais parce que, sans savoir comment cela s’est fait, malgré moi je me suis mise à aimer le Prince Charmant, et, ce qu’il y a de drôle, c’est que moi qui suis gaie comme un pinson... je l’aimais parce qu’il était triste, preuve que je l’aimais sérieusement. Enfin, un jour, je n’y ai pas tenu ;... j’ai dit : « Tant pis ! il arrivera ce qu’il pourra ; Philémon doit me faire des traits dans son pays, j’en suis sûre. » Ça m’encourage ”
Léon-Paul Fargue,
Le Piéton de Paris
“ ⁂ Puis, nous lûmes des billets dus à la plume de Rose Pompon, la plus stupide des grandes Parisiennes, qui confondait l’eau de Botot et l’eau de Vichy, qui tutoya des rois pour mourir sur la paille d’un couvent ; ”
Louis Huart,
Parodie du Juif errant : complainte constitutionnelle en dix parties
(1844)
“ La conversation fut d'abord aigre-douce, mais Rose Pompon, voyant enfin qu'elle n'avait pas affaire à une rivale du bal Mabille , révéla à mademoiselle de Carotteville que le prince Djelma ne lui avaitmalheureusement jamais été de rien , à elle, Rose Pompon, et ne lui avait même pas pris un modeste baiser sur la joue, ce que prennent cependant d'ordinaire même les collégiens les plus timides. ”
Joséphine-Virginie Bouilly Laëre, La Fleuriste des salons. [Par Mme L. de Laëre…
“ Quatrième nuance très foncée pour le dernier rang n° 3. Les boutons fleuris comme ceux naissants sont très foncés; ils doivent avoir des araignes sans griffes. Les feuilles sont pointues. Quand on veut faire cette rose plus grosse on met quelques rangs de plus. ROSE POMPON. ( Patrons, planche 9.) Elles se trouvent en boîtes toutes découpées ; on peut les découper aux ciseaux , mais toutes les petites fleurs en étoiles et surtout à cinq divisions sont très difficiles à découper régulièrement et elles coûtent si peu que c'est vraiment inutile de se donner cette peine. ”
Hector Malot,
Pompon, par Hector Malot. 2e édition
(1881)
“ Pompon ne l' avait pas encore vue en toilette de soirée : elle fut éblouie ; comme elle était belle dans sa robe de soie mate blanche , dont le corsage et la jupe drapés de tulle étaient fleuris de rose . Pendant qu' elle l' examinait , les yeux de Simonne rencontrèrent les siens et leurs regards se croisèrent , se choquèrent ”
Hector Malot,
Pompon, par Hector Malot. 2e édition
(1881)
“ Par ce qu' elle lui avait dit de sa mère , elle l' avait touché au cœur ; évidemment elle était capable de tendresse et d' affection . De même par ce qu' elle lui avait dit de l' Eve endormie , et par toutes ses observations sur la sculpture , elle lui avait plu aussi ; c' était une fille intelligente qui sentait le beau et comprenait l' art . Au contraire , par ce qu' elle avait dit de Pompon , par son insolence et son arrogance , elle l' avait profondément blessé . Pourquoi cette arrogance avec une bonne petite fille comme Pompon ? ”
Hector Malot,
Pompon, par Hector Malot. 2e édition
(1881)
“ Pompon est une âme tendre et passionnée qui se donne entièrement . C' est parce que je la connais que cette idée de mariage m' est venue ; car autrement je n' aurais jamais pensé à marier une adorable fille comme Pompon avec un fantoche comme Gazéol . Aurais -tu jamais imaginé , toi , qu' une honnête femme pouvait se prendre d' amour pour un grotesque tel que lui ? – Pourtant ... on dit qu' il a des maîtresses . – Des filles attirées par son étrangeté , séduite par ses grimaces , c' est possible ; tout est possible dans ce monde-là . – Pompon n' est pas une fille . ”
Hector Malot,
Pompon, par Hector Malot. 2e édition
(1881)
“ A un moment donné , le hasard du jeu amena ce tourbillon au pied de l' escalier , sur la plus haute marche duquel il se tenait debout , appuyé à la rampe , les regardant , les admirant silencieusement ; alors Pompon , laissant là chatte et levrette , bondit jusqu' à lui , et avant qu' il sût ce qu' elle voulait faire , elle lui prit la main et l' embrassa à pleines lèvres . Puis se relevant et le regardant avec un sourire épanoui qui découvrit ses dents blanches nacrées : – Bonjour , monsieur Georges , dit -elle gentiment . – Bonjour , mon enfant . – Vous n' êtes pas fatigué , monsieur ? ”
Hector Malot,
Pompon, par Hector Malot. 2e édition
(1881)
“ C' est un excellent cœur . – C' est un artiste , comme vous le disiez , un de ceux qui savent le mieux ce que c' est que la beauté d' une femme . Casparis fut d' autant plus surpris de ce sentiment d' orgueil et de coquetterie , que Pompon était ordinairement aussi timide que modeste : comme cela l' avait enivrée , exaltée , de savoir qu' on pouvait la trouver charmante . Mais puisqu' il en était ainsi , comment n' était -elle pas touchée autrement que dans son orgueil de l' amour de Jottral ? – Et pourquoi ne veux -tu pas te marier ? continuât continuât . ”
Hector Malot,
Pompon, par Hector Malot. 2e édition
(1881)
“ Non certes ; si je n' ai pas confiance en lui , par contre j' ai pleine confiance en Pompon , qui a assez de qualités , assez de charme , assez de tendresse , assez de cœur , assez d' intelligence pour se faire aimer solidement , même par un Gazéol ”
Gustave Toudouze,
Le Pompon vert
(1890)
“ Une jolie intrépidité, une crânerie juvénile vibrent dans ces pages, que teinte à tout instant une mélancolie profonde de sentiments et voilée d'expression, où passent, traduites par des mots de pitié grave, une tendresse et une émotion dont le cœur est saisi, dont l'âme est exaltée. Ecrit à la gloire de ceux qui, s'ils ne purent vaincre, du moins prolongèrent la résistance et sauvèrent l'honneur, le Pompon Vert, consacré à ces Parisiens qui si simplement, si noblement firent leur entier devoir, et dû à la plume de l'un de ceux-là mêmes, donne un magnifique exemple. ”
Hector Malot,
Pompon, par Hector Malot. 2e édition
(1881)
“ Et puis , poursuivit madame Jottral , on n' épouse pas une jeune fille parce qu' elle a un torse bien modelé , si artiste qu' on soit . – On l' aime pour sa beauté , pour son charme , dit Jottral ; on l' épouse pour ses qualités morales : quelle jeune fille est plus tendre , plus affectueuse , plus douce , plus intelligente que Pompon ? ”
Berthe Vadier, Rose et Rosette : odyssée d'une trop belle poupée (1893)
“ Quand parents, enfants sont réunis dans une toute petite chambre, les cœurs sont si proches que, sans qu'il soit besoin de paroles, les pensées se glissent de l'un à l'autre comme les dépêches le long du fil télégraphique. Rose avait su, sans qu'on le lui dît, ce que son Jacques faisait pour elle; elle l'avait embrassé et assuré que, si elle n'avait pas la belle poupée, elle n'en verserait pas une larme. Mais, à cet âge, l'espérance est tellement une certitude que tous les matins, en passant devant le magasin, elle criait à sa belle convoitée : « Bonjour, ma Satin-Bleu! » ”
Louise Raymond,
Pouponne et Balthazar
“ Pouponne avait vingt ans, le même âge que Charlotte. Elle était grande et élancée et, sous son humble robe d’indienne violette, au corsage collant, les contours de sa taille de nymphe se dessinaient avec une grâce étonnante. Pour aucun prix, la jeune fille n’aurait voulu se parer de couleurs brillantes ; si sa pauvreté ne lui permettait pas de porter le deuil de ceux qu’elle avait laissés derrière et que, dans son cœur, elle croyait morts, elle portait ce deuil au fond de son âme. On ne la voyait jamais se mêler aux bals et aux fêtes du campement. ”
Hector Malot,
Pompon, par Hector Malot. 2e édition
(1881)
“ Qu' importe la couleur , dit Jottral ; j' en appelle à Casparis , qui sait mieux que personne ce que c' est que la beauté , et je lui demande s' il a jamais vu un torse mieux modelé et plus souple que celui de Pompon , des attitudes plus gracieuses que les siennes ... ”
Hector Malot,
Pompon, par Hector Malot. 2e édition
(1881)
“ Ses statues , murmura Blanchon en passant au chevet du lit . – Il les voit , dit Pompon , il croit qu' elles veulent l' étouffer . Il se débattait toujours contre elles , et à la faible lumière de la lampe baissée , ils le voyaient secouer la camisole de force . – Ce n' est pas vrai , je ne vous ai pas donné des sœurs indignes de vous ; jamais je n' ai sacrifié l' harmonie de l' ensemble au morceau ; pourquoi me reprochez -vous cela ? Ce n' est pas juste ; j' ai travaillé trop vite , c' est vrai , mais je n' ai pas donné un démenti à mes idées , jamais , jamais ! ”
Wilhelm Fröhner, Collection J. Gréau. Troisième partie… (1891)
“ Coloration usuelle; base plate. — H 14 cent. 321 — Jolie figurine de femme, tenant une pomme à la main. Elle est vêtue d'un chiton blanc et d'un manteau rose, parée de boucles d'oreilles, chaussée de souliers blancs à semelles rouges. Sa tête s'incline et se tourne légèrement de côté, ce qui lui donne un air pensif; on sait que la pomme était un symbole ou un gage d'amour. La draperie recouvre les deux bras, l'un pendant le long du corps, l'autre (le bras dr.) replié sur la poitrine; mais la main dr., qui tient le fruit (peint en rouge) , sort de dessous l'himation. ”
