“ La bête de plaisanterie de Nini-Moulin ne vous en empêchera pas ? — Non, je l’espère. — Ah çà ! il ne faudra pas que je dise à Nini-Moulin que vous savez que c’est lui qui m’a dit de vous appeler M. Rodin, n’est-ce pas, monsieur ? — Pourquoi non ? En toutes choses, ma chère fille, il faut toujours dire franchement la vérité. ”
Nini-Moulin
Définition et enjeux
Citations sur “Nini-Moulin”
“ Aussi Nini-Moulin qui flaire les festins et les bamboches, a fait connaissance avec lui cette nuit... sans compter qu’il doit avoir des vues malhonnêtes sur la reine Bacchanal. — Lui ! ah bien oui ! il est trop laid ; les femmes aiment à l’avoir pour danseur... parce qu’il fait pouffer de rire la galerie ; mais voilà tout. La petite Rose-Pompon, qui est si gentille, l’a pris comme chaperon peu compromettant en l’absence de son étudiant. — Ah !... les voitures ! voilà les voitures ! cria la foule tout d’une voix. ”
“ Couche-tout-Nu et la reine Bacchanal ayant pour vis-à-vis Rose-Pompon et Nini-Moulin ! — Et tous quatre frétillant des tulipes de plus en plus orageuses. — À propos, est-ce que c’est vrai ce qu’on dit de Nini-Moulin ? — Quoi donc ? — Que c’est un homme de lettres qui fait des brochures sur la religion ? — Oui, c’est vrai ; je l’ai vu souvent chez mon patron, où il se fournit. Mauvais payeur... mais farceur... — Et il fait le dévot ? — Je crois bien, quand il le faut ; alors c’est M. Dumoulin gros comme le bras ; il roule des yeux, marche le cou de travers et les pieds en dedans... ”
“ « Philémon est à son pays, je m’ennuie toute seule, ça m’a l’air drôle, qu’est-ce que je risque ?... » Oh ! non, je ne savais pas ce que je risquais, ajouta Rose-Pompon en soupirant. Enfin, Nini-Moulin m’emmène dans une jolie voiture ; nous nous arrêtons sur la place du Palais-Royal ; un homme à l’air sournois et au teint jaune monte avec moi à la place de Nini-Moulin, et me conduit chez le Prince Charmant, où l’on m’établit. ”
“ La personne devant laquelle Nini-Moulin s'était arrêté avec un si grand étonnement était la reine Bacchanal. Hâve, le teint pâle, les cheveux en désordre, les joues creuses, les yeux renfoncés, vêtue presque en haillons, cette brillante et joyeuse héroïne de tant de folles orgies n'était plus que l'ombre d'elle-même; la misère, la douleur avait flétri ses traits autrefois charmants.À peine entrée dans la salle, Céphyse s'arrêta; son regard sombre et inquiet tâchait de pénétrer la demi-obscurité de la salle, afin d'y trouver celui qu'elle cherchait... ”
“ Messieurs, s’écria Nini-Moulin, puisque nous voilà peut-être à la veille de la fin du monde, comme dit le célèbre peintre que voici, je propose de jouer au monde renversé : je demande que ces dames nous agacent, qu’elles nous provoquent, qu’elles nous lutinent, qu’elles nous dérobent des baisers, qu’elles prennent toutes sortes de licences avec nous ; et à la rigueur, ma foi, tant pis !... on n’en meurt pas ; à la rigueur, je demande qu’elles nous insultent ”
“ Puis elle ajouta : — Mais c’est donc une boutique que votre poche ? Comment avez-vous tant de belles choses ?... Puis partant d’un éclat de rire qui rendit vermeil son joli visage, elle s’écria : — J’y suis... j’y suis, c’est la corbeille de noce de madame Sainte-Colombe ! Je vous en fais mon compliment ! C’est choisi ! — Et où diable voulez-vous que je pêche de quoi acheter toutes ces merveilles ? dit Nini-Moulin. Tout ceci, je vous le répète... est à vous si vous voulez, et si vous m’écoutez ! — Comment, dit Rose-Pompon avec une sorte de stupeur, ce que vous me dites est sérieux ? ”
“ Bientôt un violent reflux de la foule les força de s’arrêter, et un redoublement de clameurs sauvages retentit à l’autre extrémité de la place, à l’angle de l’église. — Qu’y a-t-il donc ? demanda Nini-Moulin à un homme à figure ignoble qui sautait devant lui. ”
“ Ah bien ! par exemple !... Non, ce n’est pas cela ;... mais enfin... je suis sûre que, sans vous, le Prince Charmant aurait fini par m’aimer un peu ;... j’en vaux bien la peine, après tout. Et puis, enfin... il y a aimer... et aimer ;... je ne suis pas exigeante, moi ; mais pas seulement ça !... (Et Rose-Pompon mordit l’ongle rose de son pouce.) Ah ! quand Nini-Moulin est venu me chercher ici, en m’apportant des bijoux et des dentelles pour me décider à le suivre, il avait raison de me dire qu’il ne m’exposerait à rien... que de très-honnête... — Nini-Moulin ? ”
“ Nini-Moulin venait de prendre Rose-Pompon de la main droite et la reine Bacchanal de la main gauche, afin de balancer entre elles deux, figure dans laquelle il était étourdissant de bouffonnerie, lorsque la porte s’ouvrit de nouveau, et le garçon que Jacques avait suivi s’approcha vivement de Céphyse d’un air consterné, et lui parla à l’oreille, ainsi qu’il avait parlé à Couche-tout-Nu. ”
“ À côté de celle-ci, Nini-Moulin se prélassait dans son majestueux embonpoint et feignait souvent de chercher sa serviette sous la table afin de serrer les genoux de son autre voisine, mademoiselle Modeste, qui représentait l’Amour. La plupart des convives s’étaient groupés selon leurs goûts, chacun à côté de sa chacune, et les célibataires où ils avaient pu. On était au second service ”
Louis Huart,
Parodie du Juif errant : complainte constitutionnelle en dix parties
(1844)
“ Puis, quatre autres rosses traînant le landau de Couche-tout-nu, mari de la reine, gaillard robuste et bien découplé, comme il convient à son emploi ; type flatteur du parisien, c'est-à-dire railleur, goguenard, babillard, farceur, bambocheur et noceur à mort. — Il était déguisé en malin, pour donner le change à ses créanciers plus malins que lui, comme on le verra plus loin. Là se trouvait aussi Nini Moulin, en costume antique de fantaisie (casque romain surmonté d'un plu- meau à épousseter) ”
Jean-Claude Moulin, Mémoire de Jean-Claude Moulin, de Saint-Genis-Laval… (1832)
“ Plusieurs agens de police se précipitent sur moi et m'entraînent à l'Hôtel-de-ville devant un de leurs chefs, qui en me voyant, leur dit : Ce n'est pas lui. On m'avait pris pour le sieur Moulin. —Le lendemain, 8 juillet, j'étais à peine arrivé chez moi, lorsque je vois entrer le brigadier de Duerne accompagné du maréchal-des-logis Gauthié; le premier me tirant à part, me dit : foulez-vous gagner cent louis? dites-nous où est Moulin. Pour toute réponse, je lui dis : Je ne suis pas marchand de chair humaine. ”
Jacques Pannier, L'Église réformée de Paris sous Henri IV… (1911)
“ Dédiant précisément le Juge des Controverses (Sedan, 1630) à la duchesse de Bouillon, Du Moulin lui dit dans ce même passage : « Votre mari m'a recueilli en mon affliction ; ma vie agitée et mes études interrompues ont trouvé du repos sous votre ombre. Je laisserai icy mes os en servant ma vocation. Car d'icy il n'y a pas plus de chemin au ciel que d'ailleurs, et la fuite est heureuse par laquelle on s'approche de Dieu ; » ”
Théophile Gautier,
Tableaux de Siége
“ Sur le point le plus élevé de l’épaulement domine le buste colossal de la République, de M. Moulin, dont le regard, par-dessus le bastion, semble plonger au loin dans la campagne. Mais ce n’est pas de là qu’il faut la voir : le bon endroit est sur le chemin de ronde, au pied du talus. Quand l’artiste travaillait la tête de sa République, dont les lignes doivent être allongées et combinées pour un plafonnement considérable, ses amis lui criaient d’en bas : « Rajoute du front, soutiens la joue, avance le menton, remets de la neige au bonnet ! » ”
Xavier de Montépin,
Le fiacre n° 13. 2
(1880)
“ La logique inattaquable de ce raisonnement, jointe à la parole brève et à la voix vibrante de colère de René Moulin, en imposèrent au bureaucrate. Il leva le nez pour la première fois et se décida à regarder son interlocuteur dont la physionomie n'était rien moins que caressante. Tout aussitôt il baissa le ton et devint conciliant. — Le nom de la personne décédée, s'il vous plaît? — demanda-t-il. - Abel-Frédéric Leroyer. ”
Jacques Pannier, L'Église réformée de Paris sous Henri IV… (1911)
“ Parmi les historiens de la littérature française, seul, Vinet il y a trois quarts de siècle, a consacré une étude approfondie 2 à la prédication réformée. « Aucune époque peut-être, dit-il, n'a produit à la fois en ce genre tant d'hommes dignes d'être étudiés, » et « le plus ancien » qu'il rencontre, Du Moulin, « est celui qui nous paraît le plus jeune. : il ne prêche pas, il parle. ; » ”
Jean Féron,
L’aveugle de Saint-Eustache
“ Et Le Frisé prit une pose exagérée pour ajouter : — On entend être traités en conséquence, tu sais, dans ton auberge... — Tout à votre service, messieurs, répondit maître Moulin quelque peu impressionné par les airs de grandeur que se donnaient nos deux gaillards. Puis il pensa : Ces imbéciles ont-ils reçu quelque héritage ?... Allons, faisons le finaud. Et avec un sourire mielleux et une courte révérence il ajouta tout haut : — Il est reconnu, messieurs, que pour les clients distingués le père Moulin n’a pas son pareil dans tout le pays. ”
Olympe de Gouges,
Molière chez Ninon, ou Le siècle des grands hommes…
“ Ninon, Chapelle, Saint-Évremond.Ninon Quel bonheur pour moi d’avoir régné dans le cour de ce grand Prince !Le chevalier de Belfort Je crois, Ninon, que la gloire vous enflamme.Ninon Que voulez-vous ? On perdrait la tête à moins. On m’estime, on m’honore, une grande Reine vient aujourd’hui me visiter : en vérité, mes amis, si vous ne prenez pas garde à moi, je vais devenir folle, et je ne serais propre ensuite qu’à la compagnie de Des Yveteaux ; lui, dans de douces rêveries et des plaisirs champêtres ; moi, dans des folies pompeuses et martiales. ”
Pierre César, Au moulin de la mort
“ Et la jeune fille, suivie de Maurice, prit un étroit sentier qui s’en allait, en longeant le bas des rochers, jusqu’au cabaret de Jean Gaudat. À gauche, le moulin tournait lentement sa grosse roue toute moussue, mêlant son tic-tac monotone au clapotement des ondes sur la rive couverte de sable... À la vue de Maurice, la femme de l’aubergiste fut comme secouée par un violent frisson. Néanmoins, elle parvint à se maîtriser, et, regardant cette fois le jeune homme avec une sorte de défi, elle lui dit : — Bonjour, monsieur ! Soyez le bienvenu chez nous, dans la vallée du Doubs ! ”
Olympe de Gouges,
Molière chez Ninon, ou Le siècle des grands hommes…
“ Molière, avec joie. Ah, l’agréable pénitence !Le Grand Condé Et quelle punition pour la société !Ninon En vérité, vous me gâtez, je vous le dis tous les jours ; et vous, mon Prince, vous, dont les actions héroïques sont au-dessus des adulations qui, tôt ou tard, perdent les femmes...Le Grand Condé N’êtes-vous pas homme par l’esprit et le courage ?Ninon Quelquefois je l’ai cru ; mais je crains mon sexe ; et en avançant en âge, il devient faible.Scarron Ce n’est point mon aimable Ninon qui doit appréhender les atteintes de ce sexe trop faible et trop présomptueux. ”
Paul Hecquet, Le général de division baron Moulin… (1876)
“ Quelques jours après, le général Moulin était devant Bonaparte. « Fils et défenseur de la Révolution, lui dit Napoléon, les événements m'ont fait ce que je suis, et aujourd'hui, devant l'œuvre d'affranchissement et de liberté de la France, l'Europe se coalise par détruire nos institutions ; j'en appelle à vos sentiments patriotiques, car la France a besoin d'hommes sûrs pour cette campagne. Vous pouvez fcompter sur moi, répondit simplement le général Moulin. » Il eut aussitôt le commandement de la ville d'Anvers, et par la suite il remplit plusieurs postes de confiance. ”
Pierre César, Au moulin de la mort
“ À son premier passage, Maurice n’avait pas remarqué tous ces détails. Cette fois, il ressentait comme une aversion pour la personne qu’Yvonnette appelait sa mère. Etait-ce possible, cette filiation ? Comment avait-elle pu donner le jour à une si charmante enfant ? Il eut, dès cette heure, comme un doute vague de cette maternité cependant avouée. Car la vieille Catherine, ainsi que la roue du moulin, tournait et retournait encore sa langue... — Et voilà deux enfants qui sont grands, qui n’ont rien et ne savent pas travailler. Ça m’empêchera de faire de vieux os. ”
Pierre César, Au moulin de la mort
“ Détaché de la montagne, il s’élève, isolé, ressemblant à un immense pain de sucre aux flancs enveloppés d’un lierre plusieurs fois séculaire. Jadis un habitant de la contrée, le père Bornod, je crois, affirmait qu’un jour ou l’autre cette masse rocheuse allait tomber et écraser dans sa chute le moulin du Doubs. Sa prophétie ne s’est pas réalisée : toujours debout, le rocher semble défier les ravages des temps et montrer aux chétifs humains la sereine indifférence des choses de la nature. On eût dit, à l’allure de Maurice, qu’il n’avait aucune hâte d’arriver au but de son voyage. ”
Xavier de Montépin,
Le fiacre n° 13. 2
(1880)
“ Pendant une ou deux secondes les traits de René Moulin exprimèrent un découragement absolu, un profond abattement; puis la flamme, un instant voilée, se ralluma dans son regard. — Oh! mais, minute! — se dit-il. — Avant de jeter le manche après la cognée, il faut savoir de- quoi il retourne! — Si messieurs les agents n'ont pas mon adresse, ils ne l'auront que lorsque la précieux papier sera entre les mains de la veuve de Paul Leroyer. — Comment je m'y prendrai pour cela? — Le diable m'emporte si je m'en doute, mais il faut que ça se fasse, et ça se fera!. ”
Jacques Pannier, L'Église réformée de Paris sous Henri IV… (1911)
“ Du Moulin préfère « des saillies moins ardentes et plus droites, » il juge malsaine cette « dévotion badine, » cette exaltation du mysticisme par des moyens souvent puérils ; il veut une piété plus réfléchie et plus conforme à la Parole de Dieu. ”
Olympe de Gouges,
Molière chez Ninon, ou Le siècle des grands hommes…
“ Ninon Molière a raison, et vous devez l’en croire, Mademoiselle.Molière Et en plus grand malheur encore, votre amant lui-même vous punira peut-être plus de votre démarche, que votre père. Distrait par des objets charmants, las de soupirer et d’attendre un temps plus favorable, il vous oubliera ; le changement est si naturel à l’homme.Ninon Qui veut dire l’homme, veut dire la femme aussi, Mademoiselle.Le chevalier de Belfort Cela s’entend. Mademoiselle me paraît trop instruite pour ne pas le sentir. ”
Emile Nolly, Hiên le Maboul (1908)
“ L’Aïeul lui fait signe de lâcher sa ficelle et d’approcher ; il accourt et l’Aïeul lui montre une jolie pile de piastres neuves aux tranches vierges.— Voilà pour toi ! dit-il.— Pour moi ! s’écrie Hiên, abasourdi ; pour moi !— Pour toi, petit frère ! Tu ne penses pas que je te laisserai soigner mon cheval et m’éventer pour l’honneur seulement. Ces piastres sont à toi : tu les as bien gagnées.— Aïeul vénérable, je ne veux pas de ton argent. Je n’accepte de toi qu’une chose : la permission de vivre ainsi à tes côtés, demain et toujours. ”
Paul de Molènes, L'amant et l'enfant (1861)
“ Il est temps que je vous parle de Nino. Celui que l'on désignait par ce diminutif italien était né à Venise. C'était cette ville que Mohiloff avait choisie pour y passer la première année de son mariage. Avec la bizarre poésie qui, nous l'avons vu, semblait le diriger parfois, il avait trouvé une analogie entre cette cite déchue et le cœur dévasté où il recevait le jeune amour de son épousée. ”
Emile Nolly, Hiên le Maboul (1908)
“ Le casque en bataille, un sergent pourvu d’une équerre et d’un niveau transmettait avec ses bras étendus d’incompréhensibles signaux à des porte-mire indociles, et ses jurons faisaient leur partie dans le concert étourdissant des brouettes, des marteaux, des scies, des haches, des rabots.Debout à l’arrière du wagonnet dévalant la rampe, Hiên le Maboul huma avec délices les odeurs de bois vert et de paille sèche que lui apportait le vent :— C’est l’Aïeul qui a fait tout ça, dit-il avec orgueil à son camarade.Nho répondit avec le même enthousiasme :— Oui, l’Aïeul est intelligent ! ”
Olympe de Gouges,
Molière chez Ninon, ou Le siècle des grands hommes…
“ Monsieur le grand-prieur, regardant Mlle le Roi s’en aller. Je commence à m’apercevoir que le mépris que ces gens-là font de mes dons est plutôt l’effet du dédain que leur maîtresse a pour mes sentiments, que celui de leur désintéressement. C’est ce dont je viens me convaincre pour la dernière fois. Ah ! Cruelle Ninon, favorable à tant de personnages qui ne me valent pas, s’il faut que j’échoue auprès de toi, une bonne épigramme me vengera de tes rigueurs. Tenons-la toute prête : voilà justement tout ce qu’il faut pour écrire... ”
