Paul de Molènes

Résumé

Paul de Molènes L'amant et l'enfant (1861)

Renaud de Méflies est, suivant moi, un sot, et un sot de la plus pernicieuse espèce, car il fait partager à beaucoup de gens l'opinion
qu'il a de lui-même. Je n'ai pas besoin de dire quelle admiration il s'est vouée.
Or, je ne sache point une vulgarité à laquelle il échappe. Quand par hasard il abandonne le lieu commun, c'est pour quelque chose de mille fois encore plus aride et plus désolant ; pour le paradoxe à la mode du jour, pour la boutade mélancolique ou moqueuse d'un succès constaté, qui a fait triompher déjà vingt fausses originalités de boudoir et de salon.
Source : Gallica

Paul de Molènes L'amant et l'enfant (1861)

Juliette, après le départ de son mari, resta pendant des heures entières abîmée dans les réflexions qu'avaient fait naître en elle la parole inattendue de Mohiloff et la malencontreuse apparition de Méflies.
L'amant avait reçu, à ses yeux, un rude échec; mais l'amour, en elle, était encore debout, et luttant avec d'autant plus d'énergie qu'il avait à repousser de plus violents assauts. Elle se sentait arrivée à l'un de ces carrefours de la vie où l'on s'assied découragé entre des routes qui vous effrayent, les unes par leur aspect périlleux, les
autres par leur implacable monotonie
Source : Gallica

Paul de Molènes L'amant et l'enfant (1861)

Si l'homme est un roseau pensant, suivant Pascal, la femme est un roseau aimant; et ce roseau, nul vent n'est plus propre à le faire frissonner que celui qui souffle dans des œuvres semblables à celles de Donizetti.
Le premier acte venait de finir, et Juliette était encore sous le charme de cette scène au bord de la fontaine, où le musicien a transporté dans son œuvre la muse du romancier, sans froisser un seul pli de son voile, en ajoutant, au contraire, à la grâce aérienne de sa parure, quand le marquis de Puy-Serdan se leva tout à coup et céda sa place à un visiteur.
Source : Gallica

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