Résumé

Louise de Baulny Raison d'État, roman, par Yves de Noly… (1890)

Olaf n'avait pas parlé, mais l'aveu tremblait sur ses lèvres, et loin de se réjouir, loin de triompher, elle ne ressentait qu'un inexprimable serrement de cœur, cette compassion attendrie qui s'empare de vous en face d une souffrance inutile ou d'une irréparable méprise. Pourquoi la vie était-elle si difficile? Pourquoi les éléments de bonheur qu'elle contenait étaient-ils si épars, si disjoints qu'ils n'arrivaient jamais à se réunir dans une existence humaine? Si Ludmille eût aimé Olaf, quel destin plus enviable que celui de ces deux êtres?
Source : Gallica

Louise de Baulny Raison d'État, roman, par Yves de Noly… (1890)

Convenez qu'il a du bon, parfois. Il vous a permis de vous couvrir de gloire!
Le ton, plus encore que les paroles, contenait une aigreur mal déguisée. Surpris, Lœwen regarda le prince, puis il se mit à rire.
— Vous savez bien, monseigneur, qu'il n'y a pas de gloire au monde que je voudrais acquérir sous un régime libéral.
Ludmille releva la tête.
— Pourquoi pas ? dit-elle posément, la liberté offre une gloire très enviable : celle de la combattre.
Un instant la physionomie d'Ewald s'altéra, puis recouvrant son sang-froid :
— Savez-vous que c'est là une très jolie
phrase, comtesse !
Source : Gallica

Louise de Baulny Raison d'État, roman, par Yves de Noly… (1890)

D'un regard rapide, Ludmille interroge les fenêtres. Grâces soient rendues à Dieu, elles sont éclairées. Ewald est là. Les rideaux levés lui permettent de l'apercevoir sous la lueur d'une lampe, courbé, malgré l'heure avancée, sur sa table de travail.
Et maintenant, le plus difficile est fait.
Elle saura bien arriver jusqu'à lui.
Elle soulève le marteau de la porte. Il retombe avec un résonnement sonore, lugubre dans le silence de la nuit. Au dedans, on entend un va-et-vient de pas, un chuchotement de paroles. Dieu juste ! refusera-t-on de l'admettre ?
Source : Gallica

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