Emile Nolly

Résumé

Emile Nolly Hiên le Maboul (1908)

Il n’a plus de rancune contre Maÿ : il se compare silencieusement, rustre primitif, à moitié fou et dégingandé, à la fine petite idole dont il rêva être l’époux ; il confesse le ridicule de ses prétentions et s’indigne d’avoir pu lever le poing sur l’intangible divinité ; il proclame humblement les droits de Maÿ à la trahison et au mépris. Comment, comment a-t-il pu, pendant des mois, se complaire à la fiction de cet impossible amour ?... Les sages avis ne lui ont point manqué, pourtant !
Méfie-toi de la femme ! disait l’Aïeul. Il ne peut venir d’elle que mal et souffrance.
Source : Gutenberg

Emile Nolly Hiên le Maboul (1908)

L’Aïeul lui fait signe de lâcher sa ficelle et d’approcher ; il accourt et l’Aïeul lui montre une jolie pile de piastres neuves aux tranches vierges.
— Voilà pour toi ! dit-il.
— Pour moi ! s’écrie Hiên, abasourdi ; pour moi !
— Pour toi, petit frère ! Tu ne penses pas que je te laisserai soigner mon cheval et m’éventer pour l’honneur seulement. Ces piastres sont à toi : tu les as bien gagnées.
— Aïeul vénérable, je ne veux pas de ton argent. Je n’accepte de toi qu’une chose : la permission de vivre ainsi à tes côtés, demain et toujours.
Source : Gutenberg

Emile Nolly Hiên le Maboul (1908)

Tu sauras que les bêtes de la forêt sont moins féroces que l’homme, qui fait le mal pour l’amour du mal, et tu pleureras la forêt et ton ignorance... La vie n’est pas belle, petit frère, parce que l’homme est laid... L’homme est un tigre pour l’homme. Fuis-le ; tourne les yeux vers la nature ; elle seule ne trompe point, ne change point ; regarde-la, écoute-la vivre : elle emplira tes yeux de lumière, tes oreilles de sons et les dégoûts humains n’atteindront plus ton âme... Crains ton semblable...
Hiên, qui a souffert des hommes, voudrait déserter.
Source : Gutenberg

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