Emile Nolly

Élements biographiques

Emile Nolly Hiên le Maboul (1908)

Tu sauras que les bêtes de la forêt sont moins féroces que l’homme, qui fait le mal pour l’amour du mal, et tu pleureras la forêt et ton ignorance... La vie n’est pas belle, petit frère, parce que l’homme est laid... L’homme est un tigre pour l’homme. Fuis-le ; tourne les yeux vers la nature ; elle seule ne trompe point, ne change point ; regarde-la, écoute-la vivre : elle emplira tes yeux de lumière, tes oreilles de sons et les dégoûts humains n’atteindront plus ton âme... Crains ton semblable...
Hiên, qui a souffert des hommes, voudrait déserter.
Source : Gutenberg

Emile Nolly Hiên le Maboul (1908)

L’Aïeul lui fait signe de lâcher sa ficelle et d’approcher ; il accourt et l’Aïeul lui montre une jolie pile de piastres neuves aux tranches vierges.
— Voilà pour toi ! dit-il.
— Pour moi ! s’écrie Hiên, abasourdi ; pour moi !
— Pour toi, petit frère ! Tu ne penses pas que je te laisserai soigner mon cheval et m’éventer pour l’honneur seulement. Ces piastres sont à toi : tu les as bien gagnées.
— Aïeul vénérable, je ne veux pas de ton argent. Je n’accepte de toi qu’une chose : la permission de vivre ainsi à tes côtés, demain et toujours.
Source : Gutenberg

Emile Nolly Gens de guerre au Maroc (Septième éd… (1913)

On ne se bat plus dans la vallée où roulent les tourbillons de fumée, où se tordent les flammes.
Les Zemmours ont filé dans la direction du sud, vers les passes du Tafoudeit, où les tribus ont rassemblé, dit-on, leurs femmes, leurs enfants et leurs troupeaux. La colonne Gouraud, qui a tenu aujourd'hui l'emploi de rideau, bivouaque sur la rive droite de l'oued Beht, et les cuisiniers de ses escouades allument les feux pour la soupe du soir.
Je suis sous ma tente. Je n'ai plus faim ni
soif.
Source : Gallica

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