Xavier de Montépin,
Le fiacre n° 13. 2
(1880)
“ Berthe, pleurant et perdant la tête à demi, se vêtit à la hâte, embrassa de nouveau sa mère, jeta un coup d'œil vers le lit et sortit en trébuchant et en étouffant ses larmes. A peine avait-elle franchi le seuil qu'Angèle marcha lentement jusqu'à la couche mortuaire. — Abel, mon enfant bien-aimé, - dit-elle d'une voix lente et grave, - tu es allé rejoindre ton père sans avoir atteint le but de ta trop courte existence, sans avoir fait réhabiliter le nom du martyr. — A moi seule incombe aujourd'hui cette tâche sainte que la mort ne t'a pas permis d'accomplir. ”
