Résumé

Berthe Vadier Rose et Rosette : odyssée d'une trop belle poupée (1893)

« Tu vois, Rose, disait-il, « tout vient à point « pour qui sait attendre », le proverbe a raison.
— Oui, Jacques, et il est sûr qu'elle me fait plus de plaisir aujourd'hui qu'elle ne m'en aurait fait dans le temps. J'avais des jambes, et maintenant.
— Tes jambes reviendront comme la poupée.
Dieu peut tout ce qu'il veut, et il voudra, je l'espère, te les rendre ; et, aussi, en attendant, je suis sûr qu'il te donnera un fauteuil roulant pour que tu puisses te promener. » Il y avait longtemps qu'un fauteuil roulant pour sa chère petite Rose était le rêve du bon Jacques.
Source : Gallica

Berthe Vadier Rose et Rosette : odyssée d'une trop belle poupée (1893)

Quand parents, enfants sont réunis dans une toute petite chambre, les cœurs sont si proches que, sans qu'il soit besoin de paroles, les pensées se glissent de l'un à l'autre comme les dépêches le long du fil télégraphique. Rose avait su, sans qu'on le lui dît, ce que son Jacques faisait pour elle; elle l'avait embrassé et assuré que, si elle n'avait pas la belle poupée, elle n'en verserait pas une larme. Mais, à cet âge, l'espérance est tellement une certitude que tous les matins, en passant devant le magasin, elle criait à sa belle convoitée :
« Bonjour, ma Satin-Bleu! »
Source : Gallica

Berthe Vadier Rose et Rosette : odyssée d'une trop belle poupée (1893)

« Ne vous chagrinez pas, mignonne, lui dit alors une petite voix, votre papa n'est pas fâché, tout cela est pour rire. » Mlle Mimi se retourna, et elle vit alors non loin d'elle, dans l'ombre d'une commode une vieille poupée très fanée, à moitié chauve, mais qui avait l'air bon.
« Non, répétait celle-ci, il n'est pas fâché, il joue la comédie, c'est son métier. Il est ventriloque. » Ce mot que Mimi n'avait jamais entendu lui fit une peur horrible. Elle s'imagina qu'un ventriloque était quelque chose comme un ogre ou un vampire.
Source : Gallica

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