Pierre Corneille,
Chanson (Corneille, III)
“ Vos beaux yeux sur ma franchise N’adressent pas bien leurs coups : Tête chauve et barbe grise Ne sont pas viande pour vous. Quand j’aurois l’heur de vous plaire, 5 Ce seroit perdre du temps : Iris, que pourriez-vous faire D’un galant de cinquante ans ? Ce qui vous rend adorable N’est propre qu’à m’alarmer. : 10 Je vous trouve trop aimable, Et crains de vous trop aimer : Mon cœur à prendre est facile, Mes vœux sont des plus constants ; Mais c’est un meuble inutile 15 Qu’un galant de cinquante ans. Si l’armure n’est complète, Si tout ne va comme il faut, Il vaut mieux faire retraite ”
