Jules Renard

Jules Renard

Résumé

Portrait de Jules Renard Jules Renard Les roses ; Les bulles de sang (1886)

Au ciel avec agilité Elles voltigent, continues Comme un cortège. Est-ce l'été Qui jette ses fleurs dans les nues?
Les unes, dans l'éther vermeil, Se pulvérisent, confondues, Comme la poudre d'un soleil Couchant qu'on briserait, perdues !
Et d'autres vont moins loin couvrir Nonchalamment un pli de feuille ; Chacune à l'arbre qui l'accueille Se pose comme pour mourir.
Source : Gallica

Portrait de Jules Renard Jules Renard Les roses ; Les bulles de sang (1886)

De Roses blanchfes comme une coupe de lait, Comme des houppes à la neige, De Roses pâles comme un linceul d'enfant mort, Ou comme un front de sœur où le passé s'endort Parmi les regrets en cortège,
De Roses sans couleur, sans reflet captivant, Très indolentes dans leurs poses, Ayant perdu leur teinte à force d'embaumer, Comme une femme perd jusqu'au désir d'aimer, Et de Roses simplement roses
Source : Gallica

Portrait de Jules Renard Jules Renard Les roses ; Les bulles de sang (1886)

Une odeur profonde où voltige Le parfum maladif multiplié dans l'air, Ou le parfum subtil qui pénètre la chair, Comme prise dans un vertige, Et toutes à l'envi, grisant le paradis, Abri touffu des amours closes, Où les amants mêlés et lassés de souffrir, Viendraient paisiblement se coucher, pour mourir Au souffle de toutes les Roses !
Source : Gallica

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