Marceline Desbordes-Valmore,
Romances
“ L’ÉGLANTINE Églantine ! humble fleur, comme moi solitaire, Ne crains pas que sur toi j’ose étendre ma main. Sans en être arrachée orne un moment la terre, Et comme un doux rayon console mon chemin. Quand les tièdes zéphirs s’endorment sous l’ombrage, Quand le jour fatigué ferme ses yeux brûlants, Quand l’ombre se répand et brunit le feuillage, Par ton souffle, vers toi, guide mes pas tremblants. Mais ton front, humecté par le froid crépuscule, Se penche tristement pour éviter ses pleurs ; Tes parfums sont enclos dans leur blanche cellule, Et le soir a changé ta forme et tes couleurs. ”
