Auguste Angellier,
Le Chemin des saisons
“ Et, chaque jour, les mains endormeuses et douces, Les insensibles mains de la lente Habitude, Resserrent un peu plus l’étrange quiétude Où le mal assoupi se soumet et s’émousse ; Et du même toucher dont elle endort la peine, Du même frôlement délicat qui repasse Toujours, elle délustre, elle éteint, elle efface, Comme un reflet, dans un miroir, sous une haleine, Les gestes, le sourire et le visage même Dont la présence était divine et meurtrière ; Ils pâlissent couverts d’une fine poussière ; La source des regrets devient voilée et blême. ”
