Pierre Corneille,
Trois pièces de la Guirlande de Julie
“ Je n’ai plus rien en moi qui marque mon ennui. Autrefois un soleil me fit perdre la vie ; Mais un autre soleil me la rend aujourd’hui. La Fleur de grenade.madrigal. Dans l’empire fameux de Flore et de Pomone Mon père a mille enfants qui portent la couronne ; Mais préférant mon sort au leur, J’ai mieux aimé demeurer fleur, Avec le vif éclat dont je suis embellie, 5 Afin de m’offrir vierge à la chaste Julie. Ô perte favorable ! ô change précieux ! Je quitte ma gloire mortelle Pour l’immortel honneur de parer cette belle, Et le destin des rois pour le destin des Dieux. ”
