Théodore de Banville,
La Muse des vingt ans
“ Ah ! soyez-moi cléments, rois élus de ces fêtes, Qui souriez déjà rien qu’en me regardant, Ô fronts que le laurier couronne, ô vous, poëtes Qui marchez d’un pied sûr dans le buisson ardent. Et vous, reines du monde, ô femmes adorées, Déesses de Paris, ô fiertés et douceurs, Beaux yeux, boucles de jais, chevelures dorées, Accueillez-moi, je tremble, ô mes divines sœurs ! Rien qu’en posant au bord des fontaines limpides, Ô sœurs de Galatée, ô sœurs d’Amaryllis, Vos pieds, vos petits pieds sur les rochers arides, Vous y faites fleurir des roses et des lys. ”
