Émile Verhaeren,
CELUI QUI BOUSCULE
“ Tombent là-bas les buis, les ifs, les ormes, Dans les jardins de l’évêché. Le tablier du pont de pierre, Arceaux fendus, est entraîné dans la rivière, Et l’on entend des blocs entiers, Que le courant sauvage Roule jusqu’aux chantiers, Battre, là-bas, les madriers D’un colossal échafaudage.Femmes, filles, vieillards, enfants, Tremblent au fond de leurs mansardes ; Le ciel ne se voit plus ; rien n’y luisarde : Si large et si touffue est la vigne du vent, Avec ses grappes d’ouragan Qui se gonflent de pluie, et soudain crèvent. ”
