La Bastille

Élements biographiques

La Bastille Voltaire

LA BASTILLE
(1717 [1] )
Or ce fut donc par un matin, sans faute,
En beau printemps, un jour de Pentecôte,
Qu’un bruit étrange en sursaut m’éveilla.
Un mien valet, qui du soir était ivre :
« Maître, dit-il, le Saint-Esprit est là ;
C’est lui sans doute, et j’ai lu dans mon livre
Qu’avec vacarme il entre chez les gens. »
Et moi de dire alors entre mes dents :
« Gentil puîné de l’essence suprême,
Beau Paraclet, soyez le bienvenu ;
N’êtes-vous pas celui qui fait qu’on aime ? »
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La Bastille Voltaire

Fait ici-bas gens de bien murmurer.
↑ Les Mémoires de la Bastille disent que Voltaire fut mis à la Bastille le 17 mai 1717 : c’était le lendemain de la Pentecôte. Les Mémoires de Dangeau parlent de cet événement, à la date du 19 mai 1717, comme d’un fait récent, mais dont ils ne donnent pas le jour. Un registre manuscrit que j’ai vu, et qu’on m’a dit être l’original, porte au 16 mai l’entrée de Voltaire à la Bastille ; ce qui est d’accord avec le texte même de sa pièce. Ces témoignages ne laissant aucun doute sur l’année.
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La Bastille Voltaire

Je m’acquitte assez bien de mon petit emploi. (B.)
Marc-René de Voyer d’Argenson, alors lieutenant de police. M. de Voltaire ne parle point ici de M. d’Argenson du même ton que dans le Siècle de Louis XIV. Mais M. d’Argenson fut plus haï qu’estimé tant qu’il vécut : après sa mort on lui a rendu justice, et même plus que justice. (K.) — C’est au chapitre xxix du Siècle de Louis XIV que Voltaire fait l’éloge de Marc-René d’Argenson. (B.) ↑ À la suite de ce morceau, les éditeurs de Kehl avaient imprimé une pièce de vers intitulée la Police sous Louis XIV, qui n’est pas de la main de Voltaire.
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