Gabriel de Lautrec

Gabriel de Lautrec

Résumé

Portrait de Gabriel de Lautrec Gabriel de Lautrec Poèmes en prose

Et je ne sais si la conscience, cette âme de l’âme, quitte le corps ou meurt avec lui, ni ce qu’il advient de nous quand se séparent les lambeaux de chair qui protégeaient contre les yeux livides du néant la nudité de notre âme épouvantée. Ce que j’ignore nul ne le sait. Si des secrets lamentables sont cachés sous ce voile indéchirable, qui le dira ? Nos idées de gloire et notre vain désir d’exister sont peu de chose, comparés à la logique implacable qui doit régir l’univers.
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Portrait de Gabriel de Lautrec Gabriel de Lautrec Poèmes en prose

J’ai passé des nuits à examiner le mystère déconcertant de la vie humaine, tenant sous la loupe, de mes mains et de mes yeux fatigués, des cerveaux diminués par l’alcool, et suivant, comme un voyageur, les circonvolutions et les sillons effrayants où cheminent les démons lumineux ou tristes qui sont nos pensées.
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Portrait de Gabriel de Lautrec Gabriel de Lautrec Poèmes en prose

Mais au moment de l’embaumement, le pharmacien avait pu se procurer les entrailles du mort. Tout le reste avait disparu. « Voyez-vous ce bocal vert dans la devanture, près de la porte. Les tripes dont je vous parlais tout à l’heure ont été mises dans l’eau-de-vie. Ce spectacle me rappelle la fragilité de notre nature, et je songe, avec un certain ennui, qu’un jour je mourrai, quoique pharmacien. »
Il désignait du doigt le bocal. Tous les yeux se portèrent sur les entrailles, et j’eus la sensation effroyable que c’était moi qu’on regardait.
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