Jean Aicard,
Poèmes de Provence ; Les cigales
“ Travaille, sans témoin qui le trouble et l’arrête. Son pilon régulier tourne et, penchant la tête, D’une main vigilante, il broie, et l’autre main Verse l’huile qui coule et ressemble en chemin, Goutte à goutte épandue, à de l’or qui s’égrène. Voilà ce que nos gars, en piochant dans la plaine, Rêvent pour les grands jours, car les jours de travail, Ils mangent simplement leur pain dur frotté d’ail, Et l’aïoli que l’huile adoucit, verte ou blonde, Promet tout un festin où le légume abonde. ”
